«Un tiers des médicaments ne servent à rien», selon Philippe Even

le , mis à jour à 08:40
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«Un tiers des médicaments ne servent à rien», selon Philippe Even
«Un tiers des médicaments ne servent à rien», selon Philippe Even

Dans son bureau parisien où il nous reçoit sont classées des centaines de publications scientifiques, parues dans les meilleures revues de médecine anglo-saxonnes. C'est à partir de ces 20 000 études que le professeur Philippe Even classe les médicaments en fonction de leur efficacité. C'est la base du « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux », qui paraît demain, nouvelle version de son best-seller sorti en 2012 et vendu à 160 000 exemplaires.

 

Cet ouvrage, déjà écrit avec le professeur Bernard Debré, avait suscité une large controverse parmi ses confrères. Il y prône un large coup de balai dans la pharmacopée... pour ne garder que le meilleur.

 

Pourquoi cette nouvelle édition ?

 

Philippe Even. Cela répond à une demande des gens. Le précédent guide a été un grand succès. Or depuis 2012, 1 500 nouvelles autorisations de médicaments ont été données. C'est beaucoup. Il fallait donc actualiser les connaissances sur ces sujets.

 

Quelles sont donc vos conclusions ?

 

Nous avons tout repassé en revue. La conclusion principale est qu'un tiers des médicaments proposés ne servent à rien. C'est quand même énorme ! Ce taux d'inefficacité est particulièrement élevé dans le domaine de l'ORL (78 %) et en gastro-entérologie (62 %). Dans le domaine de l'allergie et de la nutrition, un sur deux n'apporte aucun bénéfice au malade. Il y a urgence à faire le ménage.

 

Quels exemples pouvez-vous donner ?

 

Pour ne parler que des pathologies de l'hiver, c'est toujours le royaume des poudres de perlimpinpin. Pour les congestions nasales, les spécialités à base de pseudoéphédrine sont à écarter. Dans le domaine des allergies, plusieurs antihistaminiques ont une efficacité nulle. Face à la grippe, les traitements présentés comme miracle, notamment le Relenza et le Tamiflu, ont une efficacité faible.

 

 

Et dans les maladies graves ?

 

Je ...

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  • frk987 il y a 6 mois

    La vraie logique dans ce domaine aurait été de refuser les génériques et de virer les 50% de médocs inutiles et potentiellement dangereux.

  • frk987 il y a 6 mois

    On a mis en place les génériques pour faire du gain dans un très court terme, pour financer la vraie recherche médicale il faut bien financer les labos en les autorisant à vendre de la poudre de perlimpinpin.

  • M7097610 il y a 6 mois

    les médicaments servent à une chose : engraisser les labo sur le dos de la secu et des assurés

  • M7097610 il y a 6 mois

    Molière aurait aujourd'hui encore beaucoup de sources d'inspirations... Une saignée monseigneur ?

  • mlaure13 il y a 6 mois

    Il ne faut pas oublier que la recherche nécessaire sur plusieurs années voir à vie, nécessite des investissements énormes (plusieurs milliards), et il leur faut bien les trouver qq par…

  • frk987 il y a 6 mois

    Quant au cholestérol les statines sont un vrai poison inutile, J'ai beaucoup aimé aussi la réflexion d'un médecin sur ce sujet : on suit le protocole imposé !!!!!

  • frk987 il y a 6 mois

    En ORL vertiges les célèbres médocs comme le Bétaserc et le Tanganil sont de la fumisterie prescrite par tous les ORL, les clients ne cessent de dire que ç'est inutile mais invariablement ils sont prescrits. Parole historique de mon ORL : que voulez vous il faut bien donner un peu d'espoir....seule la gentamycine est efficace mais on perd l'audition.

  • M140210 il y a 6 mois

    Le lobbies de l'industrie va continuer son œuvre comme pour le cholestérol.

  • M6109295 il y a 6 mois

    On imagine les economies que pourrait faire la SS et les mutuelles si on ne prescrivait plus tous ces medicaments inutiles.

  • M2049490 il y a 6 mois

    les us ont un gros problème avec l'industrie pharmaceutique qui permet de garder des gens en vie au delà de leurs années de production