Un suspect des crimes dans l'Essonne déféré pour assassinats

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PARIS (Reuters) - Un suspect de 33 ans arrêté samedi a été présenté à deux juges d'instruction d'Evry (Essonne) lundi en vue d'une mise en examen pour trois des quatre homicides commis avec la même arme depuis novembre dans ce département proche de Paris.

L'homme, un célibataire déjà condamné six fois dont une pour "violences aggravées" en 2004, nie les accusations mais les enquêteurs disposent d'éléments à charge jugés importants, a dit le procureur d'Evry, Marie-Suzanne Le Quéau.

Elle a requis son placement en détention provisoire et une mise en examen pour "assassinats".

La police a retrouvé lors de perquisitions, dans des endroits indiqués par le suspect lui-même, deux armes de calibre 7.65 -celui de l'arme du crime- une douille rattachée par expertise à l'arme des assassinats, une moto du type présumé de celle du tueur et un casque correspondant à son signalement.

"Il a été entendu à trois reprises, à ce stade il n'a pas reconnu sa participation aux faits. Cependant, les éléments recueillis (...) constituent à l'égard de la personne déférée ce jour des éléments à charge importants", a précisé la magistrate lors d'une conférence de presse.

L'enquête vise les meurtres avec préméditation de trois personnes inconnues de la police et sans lien apparent entre elles, abattues d'une ou plusieurs balles dans la tête dans un périmètre d'environ 10 km2.

Les victimes sont un ingénieur de 51 ans tué le 21 février à Juvisy-sur-Orge, un retraité de 81 ans abattu le 19 mars dans le hall de son immeuble à Ris-Orangis et une femme de 47 ans tuée le 5 avril dans un hall d'immeuble à Grigny.

UN PREMIER SUSPECT RESTE MIS EN CAUSE

Pour le premier meurtre de la série, celui d'une laborantine de 35 ans commis le 27 novembre à Juvisy, un autre suspect, ex-amant de cette femme, est écroué depuis décembre. "A ce stade, les charges pesant sur la personne mise en examen dans ce dossier ne sont pas écartées", a dit le procureur.

Après avoir avoué initialement, l'homme, qui n'a aucun passé judiciaire, s'est rétracté et il a entamé une grève de la faim.

Le meurtre n'a pas été commis de la même façon que les suivants. La victime a été tuée non d'une balle dans la tête mais de plusieurs balles dans le corps. Des traces de poudre avaient été retrouvées sur les mains de ce premier suspect.

Son avocate rapporte qu'il se dit victime d'une erreur. "Il est en détention pour rien. Il s'est accusé du meurtre mais il faut voir aussi, peut-être, les conditions de la garde à vue", a déclaré Nadine Meydiot la semaine dernière sur France Info.

Le nouveau suspect, qui a déjà connu la prison en 2004 quand il a été condamné à 18 mois de prison dont huit fermes pour violences et détention d'armes, n'a pu être interrogé sur ce premier crime puisque les dossiers sont pour l'instant séparés.

De nouvelles auditions sont attendues pour déterminer si l'emprisonnement du premier suspect est ou non une erreur judiciaire. "Cette affaire est loin d'être terminée et nous n'avons pas, à ce stade, les réponses à toutes les questions qui peuvent se poser", a dit le procureur.

Un examen psychiatrique va être pratiqué sur le nouveau suspect, dont le mobile éventuel est mystérieux, ainsi que des expertises balistiques sur les armes 7.65 saisies.

Son interpellation a été rendue possible grâce au signalement de la moto qui aurait été utilisée à plusieurs reprises par le tueur, une Suzuki bleue et blanche. Un engin de ce type exact a été retrouvé dans un box près de son domicile à Draveil, ce qui a conduit les policiers aux autres découvertes.

Un autre homme interpellé au cours du week-end, dont l'identité a été usurpée pour faire immatriculer la moto saisie, a été relâché dimanche sans être inquiété.

Une centaine d'enquêteurs avaient été mobilisés sur l'affaire après le quatrième crime.

Gérard Bon et Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

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