Un suspect avoue avoir tué deux femmes gendarmes dans le Var

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PARIS (Reuters) - Le suspect des meurtres de deux femmes gendarmes dans la nuit de dimanche à lundi dans le village de Collobrières, dans le Var, a reconnu les faits lors de sa garde à vue, a déclaré lundi le procureur de Toulon.

Il avait déjà été condamné à plusieurs reprises depuis le début des années 2000, notamment pour des violences. Il était ainsi sorti de prison en septembre 2011 après avoir purgé six ans de détention, a déclaré le procureur.

"Il n'explique pas les raisons précises pour lesquelles il a agi", a dit le magistrat, Xavier Tarrabeux, lors d'une conférence de presse.

L'homme, décrit comme un colosse, a d'abord, selon le procureur, assommé la première des deux femmes gendarmes venues peu après 22h00 après avoir été alertées à propos d'un pugilat consécutif à un vol de sac à main imputé au suspect.

L'homme a dérobé l'arme d'une des représentantes de la gendarmerie et a tué de plusieurs balles dans la tête cette mère de deux petites filles, puis a poursuivi la seconde, qu'il a abattue de plusieurs balles dans le dos, selon la reconstitution des faits racontée par le procureur.

Le suspect a été arrêté vers 03h00 du matin sur le parking d'une station-service peu après les faits, sans opposer de résistance, après le déploiement d'un très important dispositif de recherche. Il présentait au moment de son arrestation une légère alcoolémie, a dit le procureur.

L'arme du crime a été retrouvée. Il sera présenté prochainement à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen pour "assassinats" et encourra la réclusion à perpétuité.

Lors d'un nouveau procès la semaine dernière, il avait été condamné à une peine avec sursis comportant une "mise à l'épreuve" par le tribunal correctionnel de Toulon pour "violences" sur sa mère. Il devait encore être jugé pour conduite en état d'ivresse.

LE FN ATTAQUE LA GAUCHE

Le président François Hollande, les membres du gouvernement et les représentants des forces de l'ordre ont exprimé leur émotion après le décès des deux gendarmes, âgées de 29 et 35 ans, respectivement adjudante et maréchale des logis chef.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui s'est rendu sur place, a souligné la violence du double meurtre, précisant qu'il rendrait hommage aux victimes lors des obsèques qui se dérouleront prochainement.

François Hollande a appris le drame alors qu'il s'apprêtait à partir pour le Mexique pour le sommet du G20.

"C'est une tragédie pour les familles et l'ensemble de la gendarmerie auxquels j'exprime mon soutien et ma solidarité", déclare le président dans un communiqué.

"A travers ce drame, c'est la République qui est atteinte", ajoute-t-il.

Unité SGP police, premier syndicat de la police en tenue, a souligné qu'une intervention de police ou de gendarmerie "n'est jamais sans risque, y compris dans les zones rurales".

Alliance, le second syndicat, proche de la droite, a souligné qu'il réclamait depuis de nombreuses années une "justice forte et dissuasive, par la mise en place de peines exemplaires, comme les peines plancher, à l'encontre des meurtriers de personnes dépositaires de l'autorité publique."

Pour le Front national, ce double meurtre par un homme déjà connu des services de police et de gendarmerie "pose une fois encore la dramatique question du sentiment d'impunité qui règne chez les criminels et qui nourrit le phénomène de récidive."

Il exprime sa plus grande inquiétude "au moment où la gauche obsédée par l'angélisme" adresse, selon lui, "des signes alarmants", en refusant de s'engager dans la construction de places de prison supplémentaires et en favorisant la politique d'aménagement des peines.

Cette politique visant à résoudre le problème de la surpopulation carcérale, a été mise en place en fait par le gouvernement précédent. Il a notamment fait passer de un à deux ans le seuil en deçà duquel les peines de prison ferme sont systématiquement non exécutées et aménagées en d'autres formes de sanctions.

Service France, édité par Patrick Vignal

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