Un soldat français observe deux femmes en burqa qui marchent dans la vallée de Kapisa, en Afghanistan, le 2 janvier 2010.

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Quatre soldats français sont morts et cinq ont été blessés samedi dans un attentat suicide en Afghanistan, ce qui constitue les premières pertes de l'armée française depuis l'élection le 6 mai du président François Hollande qui a confirmé que le retrait des soldats français débuterait en juillet et s'achèverait à la fin de l'année.L'Elysée a officiellement donné ce bilan, précisant que trois des militaires avaient été grièvement blessés.Selon le porte-parole de la police dans la province de Kapisa (est), Ahmad Ahmadzaï, ce sont même six militaires français qui ont péri quand "un convoi de troupes françaises" a été attaqué dans le district de Nijrab.Les talibans ont revendiqué l'attaque, affirmant, quant à eux, via leur porte-parole Zabiullah Mudjahid, qu'elle avait fait 12 morts dans les rangs français, et quatre chez les policiers afghans."Un fedayin" a fait sauter la charge dont il était porteur "dans une patrouille à pied française", tuant "12 Français" et "quatre policiers afghans", a-t-il assuré dans un message envoyé à l'AFP. Les talibans sont cependant coutumiers des bilans gonflés pour des besoins de propagande.Le rapatriement des troupes françaises cette annéeLe rapatriement des troupes françaises combattantes "débutera au mois de juillet, sera mis en oeuvre et achevé à la fin de l'année 2012", a peu après annoncé, confirmant l'une de ses promesses électorales, le président Hollande dans une brève déclaration à Tulle (centre de la France), où il devait participer à une cérémonie de commémoration du massacre de civils par les nazis le 9 juin 1944."D'ici là, tout doit être fait pour que nos troupes remplissent leurs obligations, mais avec le niveau de sécurité le plus élevé et avec la plus grande vigilance pour la vie de leurs soldats, j'en prends ici l'engagement et je serai le garant de cette opération", a-t-il ajouté.Le chef de l'Etat a rappelé que la mission des troupes françaises "consistait à permettre aux Afghans de reconquérir le plus vite possible leur souveraineté dans le cadre d'une transition qui doit être ordonnée et rapide".La date choisie pour ce nouvel attentat-suicide, à la veille du premier tour des élections législatives en France, démontre la volonté des rebelles de ne pas relâcher la pression sur Paris avant le retrait français.L'attaque a provoqué la mort de quatre soldats français et d'un de leurs interprètes, portant à 87 le nombre des militaires français tués en Afghanistan depuis le début de l'intervention occidentale en 2001, dont neuf au premier semestre 2012.Ces victimes sont les premières dans le contingent français depuis le 20 janvier, quand un militaire afghan avait tiré sur des formateurs pendant que ceux-ci faisaient leur jogging, sans arme ni protection. Cinq hommes avaient alors péri et 15 avaient été blessés.Les soldats pris pour cible samedi participaient à "une opération de contrôle" dans la province de Kapisa, où les insurgés sont très actifs.Un homme déguisé en femmeUn homme, "déguisé en femme portant la burqa", s'est "approché des soldats français qui patrouillaient" dans un "village du district de Nijrab", puis s'est fait exploser, a raconté Sediq Sediqqi, le porte-parole du ministre afghan de l'Intérieur, précisant que "trois civils afghans avaient été blessés".Depuis janvier et la décision de la France d'accélérer le retrait de ses troupes, les militaires français avaient pour consigne de ne pas s'exposer. L'ancien président conservateur Nicolas Sarkozy avait alors fixé à fin 2013 le retrait des forces françaises, avant que le socialiste François Hollande ne décide de l'avancer à fin 2012.Le chef de l'Etat, dont la décision avait été accueillie sans difficulté au sommet de l'Otan de Chicago, se trouve ainsi à son tour confronté au bourbier afghan.Environ 3.550 soldats français sont déployés en Afghanistan, principalement à Kaboul et dans l'est du pays.Le départ des troupes françaises risque de poser des problèmes en Kapisa, où talibans et trafiquants sont légion.Officiellement, le gouvernement afghan se dit prêt à prendre le relais, et le général américain John Allen, commandant de l'Isaf (la force internationale de l'Otan en Afghanistan), estime qu'il n'y aura "pas de dégradation de la sécurité" en Kapisa.Arrivée fin 2001 pour traquer Oussama ben Laden et chasser du pouvoir les talibans, qui le protégeaient, la force internationale a réussi à se défaire de la plupart des éléments d'Al-Qaïda basés en Afghanistan, en partie car ceux-ci se sont immédiatement enfuis vers le Pakistan ou, plus tard, ont migré vers d'autres zones de conflit.Mais malgré 130.000 militaires étrangers -dont 90.000 Américains- en appui de quelque 340.000 soldats et policiers afghans, la rébellion dirigée par les talibans est loin d'être battue.Au contraire, elle s'est intensifiée et a gagné du terrain ces dernières années et les craintes que le pays ne s'embrase à nouveau au départ de troupes de l'Otan sont très répandues en Afghanistan.

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