Un si brillant polar

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Niels Schneider dans le film français d'Arthur Harari, « Diamant noir ».
Niels Schneider dans le film français d'Arthur Harari, « Diamant noir ».

« Diamant  noir », le premier long-métrage d’Arthur Hariri, mêle avec éclat film noir et tragédie antique dans le milieu des diamantaires juifs anversois.

Par quel coup tordu du sort Diamant noir, le premier long-métrage le plus inspiré et enthousiasmant vu depuis longtemps, fut-il refusé par tous les grands festivals de l’année 2015, avant d’être mis au réfrigérateur pendant plus d’un an ? Ce film révèle un vrai cinéaste, et l’ignorance dans laquelle il a été tenu relève pour le coup d’un inexplicable aveuglement. Triste constat mais plaisante analogie avec la métaphore qui court tout au long du film autour de cette pierre qu’est le diamant, laquelle, comme le cinéma, doit sa préciosité au regard qui le reconnaît pour tel.

Arthur Harari signe en tout état de cause avec Diamant noir un film qui éveille la réminiscence du Little Odessa (1994), de l’Américain James Gray. Même jeu intense et élégant entre le film noir et la tragédie antique, même obsession lancinante de la vengeance et de la réparation, même attachement au modèle familial comme révélateur du système social, même justesse ciselée dans la mise en place de l’atmosphère et la conduite des acteurs, même sentiment de révélation d’un talent puissamment inspiré. Toutes choses étant naturellement égales par ailleurs, il resterait à imaginer la transposition des mœurs de la mafia judéo-russe de Brooklyn dans le milieu des diamantaires d’Anvers, sur fond de petite délinquance judéo-maghrébine.

On avait déjà noté chez Arthur Harari, à la faveur de ses courts-métrages, une certaine tendance à l’empoisonnement des rapports entre aînés et cadets, suffisamment ambiguë pour im...

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