Un "shutdown" jusqu'au relèvement de la dette américaine?

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UN "SHUTDOWN" JUSQU'AU RELÈVEMENT DE LA DETTE AMÉRICAINE?
UN "SHUTDOWN" JUSQU'AU RELÈVEMENT DE LA DETTE AMÉRICAINE?

par David Lawder et Caren Bohan

WASHINGTON (Reuters) - La paralysie budgétaire américaine pourrait se prolonger jusqu'à la date-butoir fixée pour le relèvement du plafond de la dette fédérale, nécessaire pour éviter un éventuel défaut du Trésor sur ses engagements et une rechute en récession de l'économie.

"Les deux questions sont en train de converger", a déclaré Paul Ryan, le président républicain de la commission des Finances de la Chambre des représentants, mercredi à des journalistes.

Ryan, candidat malheureux à la vice-présidence américaine en 2012, veut croire que cette perspective est positive et qu'elle obligera démocrates et républicains à revenir à la table des négociations.

Le plafond de la dette "sera le catalyseur pour nous rapprocher", a-t-il ajouté.

Mais cela signifie aussi que la fermeture partielle des services fédéraux pourrait durer jusqu'à la mi-octobre, la date-butoir pour le relèvement du plafond de la dette étant fixée au 17 octobre.

Aucun terrain d'entente sur le budget n'a pu être trouvé mercredi au deuxième jour de la fermeture partielle des services fédéraux lors d'une réunion présidée par Barack Obama à la Maison blanche.

Pendant les discussions, le président américain a prévenu qu'il n'entendait pas négocier tant sur un budget fédéral provisoire que sur le relèvement du plafond de la dette.

"EN GUERRE"

"Cela devient vraiment très compliqué. Les partis sont maintenant littéralement en guerre l'un contre l'autre", a résumé Sean West, analyste politique de la société de conseil Eurasia Group.

En échange de leur feu vert budgétaire, les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, veulent obtenir le report de l'application de la réforme de l'assurance-santé entrée en vigueur mardi, mais Barack Obama et les démocrates, majoritaires au Sénat, refusent ce qu'ils qualifient de chantage.

"Je voudrais pouvoir être optimiste mais je pense que nous allons directement au 15 ou au 16 octobre sans accord", a prévenu Greg Valliere, membre du Potomac Research Group, une société de conseil spécialiste de la politique américaine.

Peter King, un républicain modéré, élu de New York, ne cache pas sa crainte de voir les plus conservateurs -les membres de la mouvance du "Tea Party" qui ont poussé à la confrontation avec la Maison blanche- exiger des concessions supplémentaires à l'occasion du débat sur le plafond de la dette.

"Je serais très inquiet" si cela se produisait, a-t-il dit, ajoutant: "je ne sais pas s'ils réalisent ce que cela signifie de faire défaut".

Sa collègue démocrate Louise Slaughter, également représentante de l'Etat de New York, s'inquiète des conséquences préjudiciables d'un blocage sur le relèvement du plafond de la dette, actuellement fixé à 16.700 milliards de dollars (12.280 milliards d'euros), sans exclure que le Parti républicain n'en prenne le risque.

"Le pire qu'ils pourraient faire, évidemment, serait de mettre à l'épreuve la confiance et le crédit dont jouissent les Etats-Unis d'Amérique ", a-t-elle dit à Reuters.

Pour certains républicains, les conséquences d'un non-relèvement du plafond de la dette sont telles que Barack Obama ne pourra pas continuer à refuser de négocier avec eux.

"Le gouvernement est fermé mais le (non)-relèvement du plafond de la dette paralyserait l'économie toute entière", prévient le représentant républicain de l'Indiana Martin Stutzman, qui appartient à l'aile conservatrice.

DÉSTABILISATION DES MARCHÉS

Un non-relèvement du plafond de la dette exposerait l'économie américaine à une rechute en récession et les marchés financiers à un risque de déstabilisation, selon de nombreux analystes.

Lorsqu'à l'été 2011, le plafond de la dette avait été relevé un extremis n'évitant qu'à un ou deux jours près un défaut du Trésor américain, l'indice Dow Jones avait dévissé de près de 17% en trois semaines entraînant dans son sillage l'ensemble des bourses mondiales.

L'épisode avait conduit l'agence de notation Standard & Poor's à priver les Etats-Unis de leur triple A, provoquant un renchérissement des coûts de financements pour le Trésor évalué depuis à 1,3 milliard de dollars sur l'ensemble de 2011 par une étude gouvernementale.

Dans l'éventualité d'un non-relèvement du plafond de la dette, les dépenses de l'Etat fédéral devraient être entièrement couvertes par ses recettes, et en conséquence toute dépense supérieure aux recettes ne pourrait être honorée.

Pour l'exercice budgétaire commencé au 1er octobre, l'agence indépendante d'évaluation budgétaire du congrès (CBO) projette des recettes de 3.042 milliards de dollars et des dépenses de 3.602 milliards, soit un déficit de 560 milliards (3,4% du produit intérieur brut).

En comparant les dépenses réalisées durant l'actuel exercice budgétaire à celles qui seraient faites sous contrainte d'équilibre, leur chute porterait sur 400 milliards de dollars, soit 2,5% du PIB, ce qui ferait à coup sûr replonger l'économie américaine en récession.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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  • M8680884 le jeudi 3 oct 2013 à 17:12

    Moi aussi j'aimerai pouvoir vivre à crédit toute ma vie, sans jamais devoir rembourser...bah, ce seront mes enfants qui le feront et si ce n'est pas eux, ça sera les leurs, ou bien leurs petits enfants... quoiqu'il arrive, il y a le temps

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