Un sénateur PS mis en cause par une vidéo parle de manipulation

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PARIS (Reuters) - Le sénateur-maire socialiste de Clamart (Hauts-de-Seine) Philippe Kaltenbach s'est dit vendredi victime d'une manipulation politique après la diffusion sur internet d'un enregistrement vidéo qui le montre recevant de l'argent en espèces.

A moins de trois mois du premier tour de la présidentielle, ce dossier a amené l'ouverture d'une enquête préliminaire de police pour corruption par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye. Ce dernier a été saisi par Philippe Pemezec, maire UMP de la ville voisine du Plessis-Robinson.

Il s'agit de savoir si, comme le laisse, selon le plaignant, penser l'enregistrement, Philippe Kaltenbach a reçu un pot-de-vin en échange de l'attribution d'un logement.

Lors d'une conférence de presse vendredi, l'élu socialiste a mis en cause le procureur de Nanterre -à ses yeux marqué politiquement- et il a demandé son déplacement ainsi que la désignation d'un juge d'instruction indépendant pour son affaire.

"Il s'agit d'une manipulation. Je dénonce cette manoeuvre qui n'a que des visées électorales pour les prochaines élections dans les Hauts-de-Seine", a-t-il dit sur i>TELE. Selon lui, Philippe Pemezec voudrait se venger de divers démêlés politiques et judiciaires avec lui.

La vidéo, mise en ligne sur YouTube puis sur le site internet du Figaro jeudi, semble avoir été tournée en caméra cachée en avril 2010, après un conseil municipal à Clamart, par un homme qui vient voir l'élu PS dans son bureau.

Des billets changent de mains pour 1.000 euros et il est question de 5.000 euros remis par ailleurs, tandis que les deux hommes parlent d'un logement de trois pièces à louer. Les images et les conversations ne permettent pas de conclure avec certitude qu'il s'agit d'un échange.

Philippe Kaltenbach a expliqué que c'était en fait son adjoint qui lui avait remboursé un prêt. Il déclare avoir demandé une expertise sur l'enregistrement original. "Il est clair que tout cela est un montage pour me nuire politiquement et chercher à me salir", a-t-il dit.

En pleine campagne électorale, l'affrontement entre la gauche et la droite se déroule aussi sur le terrain des "affaires". La majorité a accusé François Hollande d'avoir négligé de faire le ménage, lorsqu'il était à la tête du PS, dans les fédérations des Bouches-du-Rhône et du Pas-de-Calais, soupçonnées de malversations.

Le PS demande depuis plusieurs mois des explications à l'Elysée sur la possible implication de Nicolas Sarkozy dans une affaire de corruption présumée lors de la présidentielle de 1995, en marge d'un attentat anti-français commis à Karachi en 2002.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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