Un second fugitif recherché par la police après les attentats

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LES ENQUÊTEURS RECHERCHENT UN SECOND FUGITIF QUI ÉTAIT DANS LA SEAT UTILISÉE POUR LES ATTAQUES
LES ENQUÊTEURS RECHERCHENT UN SECOND FUGITIF QUI ÉTAIT DANS LA SEAT UTILISÉE POUR LES ATTAQUES

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Les enquêteurs sont à la recherche d'un second fugitif, non identifié, qui était dans la Seat noire utilisée pour attaquer des terrasses de bars et de restaurants vendredi à Paris, a-t-on appris mardi de sources proches du dossier.

Après examen d'images de vidéosurveillance, ils ont en effet établi "avec certitude" qu'il y avait trois hommes à bord : Brahim Abdeslam, auteur de l'attentat suicide contre le Comptoir Voltaire, dans le 11e arrondissement de Paris, son frère Salah, déjà activement recherché depuis samedi, et un troisième homme non identifié, précisent ces sources.

Ce troisième homme est donc lui aussi recherché.

La Seat noire avait été retrouvée dimanche à Montreuil, dans la banlieue de Paris, avec trois Kalachnikov à bord.

La police judiciaire a par ailleurs lancé sur Twitter un appel à témoins pour identifier l'un des kamikazes qui s'est fait exploser vendredi près du stade de France, et à côté duquel un passeport syrien a été retrouvé.

Les enquêteurs s'orientent vers la piste d'un document réel mais n'appartenant pas au djihadiste, passé par la Grèce en octobre dernier, selon une source proche du dossier.

A ce stade, seuls cinq djihadistes sur les sept morts lors des attaques ont été identifiés. L'Etat islamique a évoqué huit assaillants dans sa revendication.

Les enquêteurs sont par ailleurs toujours à la recherche d'autres potentiels complices.

"On est en train de déterminer combien ils peuvent être", a dit à Reuters une source proche du dossier. "Rien n'est exclu", a-t-elle ajouté.

UNE CLIO NOIRE RETROUVÉE À PARIS

Deux "planques" utilisées par les auteurs des attentats ont été localisées et perquisitionnées en Ile-de-France, a-t-on appris mardi de source proche du dossier.

Il s'agit d'une maison louée à Bobigny (Seine-Saint-Denis) la semaine dernière par Brahim Abdeslam et de deux chambres louées dans un appart-hôtel à Alfortville (Val-de-Marne) par Salah Abdeslam, comme l'a révélé Le Point.

Seuls des téléphones "encore emballés" et un morceau de tissu ont été saisis à Bobigny, tandis qu'aucune saisie significative n'a été faite à Alfortville, a-t-on appris de source proche du dossier.

Aucune autre "planque" n'a été identifiée à ce stade, souligne-t-elle.

La propriétaire de la maison de Bobigny, louée à trois hommes pour une semaine, jusqu'à ce mardi, s'est dite choquée mardi. "Ils n'ont rien laissé apparaître, c'est des gens sympas, corrects, bien habillés", a-t-elle déclaré sur Europe 1.

Une Renault Clio noire avec une plaque d'immatriculation belge a par ailleurs été retrouvée mardi dans le 18e arrondissement de Paris, a-t-on appris de source policière. Un périmètre de sécurité a été mis en place dans le quartier et des analyses sont en cours. Mais aucune arme n'a été retrouvée dans l'habitacle, d'après une source judiciaire.

Arrivé de Belgique par l'autoroute A1 quelques jours avant les attentats, ce véhicule était recherché par la police, a-t-on précisé. D'après une source proche du dossier, il avait été loué par Salah Abdeslam, et il a pu être utilisé par l'un des commandos de Paris et Saint-Denis.

Les enquêteurs cherchent par ailleurs à déterminer les moyens de communication utilisés par les djihadistes pour coordonner et préparer leurs attaques, en vérifiant s'ils n'ont pas eu recours à des moyens cryptés.

Ils soupçonnent Abdelhamid Abaaoud, Belge d'origine marocaine de 27 ans, d'être le cerveau des attentats.

NEUF GARDES À VUE EN COURS

Neuf personnes étaient toujours en garde à vue mardi soir dans l'entourage de deux des auteurs des attaques, les Français Ismaël Omar Mostefaï et Samy Amimour, morts dans la salle de concert du Bataclan, a-t-on appris de source judiciaire.

La soeur d'Ismaël Omar Mostefaï, 15 ans, a été relâchée lundi en raison de son jeune âge.

L'enquête progresse également en Belgique où deux suspects ont été inculpés. D'après leurs avocats, ils sont allés chercher Salah Abdeslam en France après que celui-ci les a appelés car sa voiture était tombée en panne.

Ils étaient à ses côtés samedi matin quand il a fait l'objet d'un contrôle routier à la frontière belge, avant d'être laissé libre, son nom n'étant pas encore apparu dans l'enquête.

Mohamed Abdeslam, brièvement placé en garde à vue en Belgique, a appelé mardi son frère à se rendre.

"Nous ne savons absolument pas où (il) se trouve aujourd'hui", a-t-il dit sur BFM TV. "Le mieux (...), ce serait qu'il se rende pour que la justice puisse faire toute la lumière", a-t-il ajouté, le qualifiant de "pratiquant" mais affirmant ne pas s'être rendu compte de sa radicalisation.

Selon une source judiciaire, Salah Abdeslam a loué la Polo qui a transporté les assaillants du Bataclan. Mais il est trop tôt pour déterminer son rôle dans les attaques, d'après une source proche du dossier.

Ce Français né en Belgique est entré en Autriche en provenance d'Allemagne le 9 septembre dernier, a déclaré mardi le ministère autrichien de l'Intérieur.

Il était accompagné "de deux hommes dont les noms ne sont pas encore apparus dans l'enquête sur les attentats terroristes", précise le ministère dans un communiqué.

(avec Nicolas Bertin à Paris et les bureaux de Vienne et Bruxelles, édité par Yves Clarisse)

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  • Berg690 le mardi 17 nov 2015 à 22:07

    « Arrêté du 14 novembre 2015 autorisant l’utilisation de sulfate d’atropine, solution injectable 40 mg/20 mL PCA antidote des neurotoxiques organophosphorés ». NOR : AFSP1527645A, Journal Officiel de la République française n°0265 du 15 novembre 2015 page 21381