Un scénario de croissance prudent pour le projet de budget 2016

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SCÉNARIO DE CROISSANCE PRUDENT POUR LE PROJET DE BUDGET 2016
SCÉNARIO DE CROISSANCE PRUDENT POUR LE PROJET DE BUDGET 2016

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a retenu des hypothèses prudentes pour son projet de budget 2016 afin d'éviter tout dérapage un an après avoir dû réclamer à ses partenaires européens un nouveau délai pour tenir ses engagements de baisse des déficits.

Sans surprise, le "cadrage macroéconomique" du PLF (projet de loi de finances) présenté mercredi par le ministre des Finances Michel Sapin reprend l'essentiel des prévisions incluses dans la nouvelle trajectoire des finances publiques publiée au printemps et acceptée par Bruxelles.

"Je préfère constater ce qui est que d’espérer ce qui ne sera pas", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse.

Le projet de budget qui sera dévoilé à la fin du mois reposera ainsi sur une croissance économique attendue à 1,5% après 1,0% en 2015, le ministre confirmant une nouvelle fois cette dernière prévision.

"Cette hypothèse est en ligne avec ce que prévoient les institutions internationales, en ligne aussi avec le consensus", a indiqué Michel Sapin.

"Il est clair que nous tiendrons nos engagements du printemps sur les finances publiques", a-t-il ajouté. Le déficit public sera ainsi ramené à 3,3% du produit intérieur brut (PIB) l’an prochain après 3,8% en 2015, puis sous 3%, un objectif repoussé à deux reprises ces dernières années, en 2017.

Dans ce contexte, la dette publique, qui se situait à 95,6% fin 2014, se stabilisera "nettement en dessous de 100% du PIB en 2016 avant de progressivement refluer".

Le gouvernement prévoit en outre un rebond de l'inflation, qui devrait atteindre 1,0% en moyenne l'an prochain après 0,1% cette année.

Comme promis par le président François Hollande, le projet de budget inclura une nouvelle baisse de deux milliards d'euros de l'impôt sur le revenu, après celle de trois milliards intervenue cette année, qui profitera à plus de huit millions de foyers et sera financée par des économies.

Du côté des entreprises, Michel Sapin a confirmé que les nouvelles baisses de charges et de fiscalité atteindraient neuf milliards d'euros l'an prochain, un montant conforme au calendrier du pacte de responsabilité.

Mais ce total inclut les mesures de "suramortissement" des investissements et d'aide à l'embauche d'apprentis par les PME annoncées avant l'été.

Pour neutraliser leur coût, de plus d'un milliard d'euros, le ministre a indiqué que leur financement passerait par un décalage du 1er janvier au 1er avril des nouvelles baisses de charges sociales programmées pour 2016, un délai dénoncé par avance par le patronat.

L'évolution des dépenses publiques sera conforme elle aussi à la trajectoire annoncée au printemps, avec un rythme de progression qui devrait être sensiblement le même cette année à celui de 0,9% enregistré en 2014 "et à peine supérieur l’an prochain, dans un contexte de reprise de l’inflation".

(Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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  • M5285637 le mercredi 16 sept 2015 à 10:14

    Tant qu'il n'y a pas de vraie reprise moins de rentrées d'argent pour les impôts, la sécu etc et plus de dépenses pour le chomage etc

  • M8252219 le mercredi 16 sept 2015 à 09:59

    Que du tango!!!! Le déficit toujours au alentour de 80 milliards d'euros par an sans que les réformes pour réduire les dépenses soient actées. MAIS LES PROMESSES DE CADEAUX FLEURISSENT AVEC LA PÉRIODE ÉLECTORALE. Nos impôts et taxes servent à la campagne électorale du président.