Un « Scarface » phocéen

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Alexandre Rignault (gauche)et Antonin Berval (droite) dans Justin de Marseille de Maurice Tourneur
Alexandre Rignault (gauche)et Antonin Berval (droite) dans Justin de Marseille de Maurice Tourneur

Film noir intense et fantaisiste, « Justin de Marseille », de Maurice Tourneur (1935), sort en Blu-ray

La géographie du cinéma réduit la France urbaine au couple infernal Paris-Marseille – le siège du pouvoir et les bas-fonds cosmopolites. La parution de Justin de Marseille, réalisé par Maurice Tourneur en 1935, transporte aux sources du mythe noir du grand port, tout comme la trilogie de Pagnol – contemporaine du film de gangsters de Tourneur – en reflète la face solaire.

Restauré en 2010 (il avait été projeté au Festival Lumière à Lyon), proposé dans un coffret de films de Maurice Tourneur discrètement sorti en 2012, Justin de Marseille mérite largement la présente édition, en Blu-ray, augmentée de bonus érudits et enthousiastes de Bertrand Tavernier. Le film n’est peut-être pas le chef-d’œuvre oublié que célèbre l’auteur de Coup de torchon,mais il tranche si vivement – par son énergie, par son ouverture sur l’extérieur, par sa fantaisie et sa violence – sur ce qui deviendra par la suite la norme du film noir français qu’on ne peut qu’y prendre un plaisir intense.

Corruption et trahison La figure de Justin de Marseille est inspirée de celle de Paul Carbone, proxénète et trafiquant de stupéfiants d’origine corse qui, au moment du tournage, était en train d’asseoir son emprise sur la ville, avec l’appui d’élus municipaux. Plus tard, Carbone et son second, Spirito, devaient inspirer le Borsalino de Jacques Deray. En 1935, le scénariste Carlo Rim et Maurice Tourneur durent soumettre le script de Justin à Carbone, qui donna son accord après avoir découvert que le méchant de l...

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