Un scandale au sein de l'armée chinoise évalué à 4 mds d'euros

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PEKIN, 8 décembre (Reuters) - L'ancien général Gu Junshan, qui est au coeur d'un vaste scandale de corruption dans l'armée chinoise, vouait un véritable culte à l'or, rapporte lundi un hebdomadaire de Hong Kong selon lequel les gains illégalement amassés dans cette affaire atteignent 30 milliards de yuans (4 milliards d'euros). Gu, limogé en 2012 de son poste de directeur adjoint de la logistique au sein de l'Armée populaire de libération (APL), a été inculpé en mars de corruption, de prise de pots-de-vin, de détournement de fonds publics et d'abus de pouvoir. Accusé d'avoir vendu des centaines de promotions à des officiers, il sera jugé par un tribunal militaire. D'après l'hebdomadaire Phoenix, qui appartient au groupe Phoenix Television et entretient des liens étroits avec le gouvernement chinois, Gu Junshan aurait lui-même touché quelque 600 millions de yuans de pots-de-vin (80 millions d'euros). L'ancien officier adorait l'or, en particulier les statues en or de Bouddha, même s'il préférait l'or en poudre que les lingots lorsqu'il touchait des pots-de-vin. Quand il offrait lui-même des présents, il pouvait remplir une Mercedes de plusieurs centaines de lingots et confier ensuite les clés du véhicule à son heureux destinataire, raconte le magazine. "Gu obtenait exactement ce qu'il voulait", ajoute une source proche de l'enquête interrogée par Phoenix. L'affaire Gu a conduit à l'ouverture de poursuites contre l'ex-vice-président de la Commission militaire centrale et membre du bureau politique du PCC jusqu'en 2012 Xu Caihou, qui a été exclu du Parti communiste en juin et sera traduit devant une cour martiale pour corruption. ID:nL6N0PB2Y2 Même si Phoenix ne cite aucun nom, se référant uniquement à un individu baptisé "X", l'hebdomadaire écrit que Gu avait de puissants donneurs d'ordre. Aucun des intéressés n'a pu être joint et on ignore s'ils ont des avocats pour les défendre. Le président Xi Jinping a lancé une vaste campagne de lutte contre la corruption lors de son accession à la tête du Parti communiste à la fin 2012, promettant de pourchasser autant les "tigres" - les hauts dirigeants - que les "mouches". (Ben Blanchard; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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