Un sans-abri sur dix est diplômé de l'enseignement supérieur

le
0
Une maraude du 115, en 2014, à Lille.
Une maraude du 115, en 2014, à Lille.

Une étude de l’Insee et de l’INED publiée mercredi montre que « le phénomène de déclassement s’étend et [que] le diplôme ne protège plus de la précarité ».

Pas moins de 14 % de sans-abri ont suivi des études supérieures et 10 % sont diplômés, selon une étude de l’Insee et de l’Institut national d’études démographiques (INED) publiée mercredi 28 septembre. Leurs travaux se fondent sur un recensement mené en janvier et février 2012 dans les centres d’hébergement, les hôtels, les centres maternels, les lieux de distribution de repas ou encore les banques alimentaires.

Le nombre de personnes privées d’un domicile personnel était, à l’époque, estimé à 143 000, dont 30 100 enfants. Il avait déjà bondi de 50 % par rapport à la précédente enquête, datant de 2001, avec une poussée très forte des familles, notamment étrangères. Ces données n’ont fait qu’empirer depuis. Cette année, pour la seule région Ile-de-France, la préfecture déclare mettre à l’abri 80 000 personnes chaque soir.

Les chiffres globaux sont déjà connus. Mais ce que pointent les deux auteurs de l’étude, le démographe Philippe Cordazzo et le sociologue Nicolas Sembel, l’est beaucoup moins. Pour eux, « le phénomène de déclassement s’étend et le diplôme ne protège plus de la précarité ».

« Maladies psychiatriques ou addictions » Ce diagnostic recoupe les observations du SAMU social de Paris qui, dans une enquête de 2011, avait dénombré 12 % de sans-abri ayant suivi des études supérieures et même 24 % de ceux hébergés dans des structures d’accueil. « Faire des études, être diplômé n’empêche évidemment pas les maladies psychiatriques ou des addictions qui peuvent condu...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant