Un retrait français d'Afghanistan comme prévu, malgré l'attentat

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Un retrait français d'Afghanistan comme prévu, malgré l'attentat
Un retrait français d'Afghanistan comme prévu, malgré l'attentat

TULLE, Corrèze (Reuters) - L'opération de retrait des troupes françaises en Afghanistan débutera au mois de juillet pour s'achever fin 2012, selon un processus que l'attentat qui a fait quatre morts dans l'est du pays ne saurait accélérer, a déclaré samedi François Hollande.

D'ici-là, tout doit être fait pour que les troupes "remplissent leurs obligations" avec "le niveau le plus élevé de sécurité et la plus grande vigilance pour la vie de nos soldats", a dit le chef de l'Etat lors d'une déclaration à la préfecture de Tulle, en Corrèze.

Quatre soldats français ont été tués et cinq autres blessés, dont trois grièvement, dans la province de Kapisa, lors d'une attaque suicide perpétrée samedi matin dans l'est du pays.

Un interprète afghan a également trouvé la mort dans cette attaque meurtrière, la première depuis l'arrivée au pouvoir de François Hollande, le 15 mai.

Les soldats ont été tués alors qu'ils s'apprêtaient à rencontrer des responsables de villages "pour étudier avec eux la possibilité d'actions de coopération pour le développement", a précisé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian sur TF1.

Le président de la République, chef des armées, a été prévenu alors qu'il se trouvait en voiture entre Paris et Tulle.

Lors d'une déclaration solennelle dans le chef-lieu de Corrèze, il a annoncé qu'un "hommage national" serait rendu aux victimes, qui portent à 87 le nombre de militaires français tombés en Afghanistan depuis 2001.

Le chef de l'Etat a affirmé que cette attaque ne saurait infléchir sa décision de rapatrier les forces combattantes françaises d'ici la fin de l'année.

"Ce qui s'est passé ne change rien, n'accélère ni ne ralentit, ça prouve le danger que rencontre la présence française à tout moment", a dit le chef de l'Etat après une cérémonie en hommage à 99 Corréziens pendus à Tulle en 1944.

"Cela ne change pas ma décision. Certains disent qu'il faut aller plus vite mais ce n'est pas possible d'aller plus vite (...) On ne peut pas aller moins vite non plus", a-t-il ajouté.

Le retrait des forces françaises combattantes d'ici la fin de l'année correspond au retour d'environ 2.000 hommes sur les 3.400 actuellement sur le terrain.

Selon l'entourage présidentiel, 200 à 300 hommes devraient quitter le pays en juillet, avant une deuxième phase à partir d'octobre. Le plus gros du matériel sera ensuite retiré à partir de janvier 2013.

RETRAIT À PARTIR DE JUILLET

"Cette opération débutera au mois de juillet elle sera mise en oeuvre et achevée à la fin de l'année 2012", a dit François Hollande. "D'ici là, tout doit être fait pour que nos troupes remplissent leurs obligations avec le niveau de sécurité le plus élevé et la plus grande vigilance pour la vie de nos soldats.

Dans sa déclaration solennelle, François Hollande a dit sa "reconnaissance" et celle "de toute la nation à nos soldats", dont il a salué le "dévouement" et le "courage".

"Je sais la force de caractère des troupes françaises en Afghanistan", a-t-il dit.

François Hollande s'est rendu le 25 mai dernier en Afghanistan, où il a visité la base de Nijrab où étaient affectées les victimes de l'attentat de samedi.

"Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai immédiatement revu des visages de soldats que j'avais rencontrés", a-t-il dit à Tulle.

Le chef de l'Etat a adressé aux familles des victimes "le message de solidarité et de réconfort du peuple français".

Un hommage national sera rendu aux soldats tués jeudi, sans doute dans la cour des Invalides à Paris.

Les victimes seront rapatriées "dans les meilleurs délais", a-t-il ajouté, précisant qu'un avion envoyé à Kaboul à cette fin veillerait "à les ramener en France le plus tôt possible". Un seul sera rapatrié lundi, les autres restant à l'hôpital de Kaboul.

François Hollande a demandé au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et au chef d'Etat-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, de se rendre en Afghanistan dimanche.

Elizabeth Pineau, édité par Gérard Bon

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