Un responsable nigérian dénonce les "lâches" dans l'armée

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LONDRES, 22 janvier (Reuters) - Les opérations militaires contre les islamistes de Boko Haram au Nigeria sont entravées par la présence de nombreux "lâches" au sein des forces armées, a déclaré jeudi à Londres le conseiller du président nigérian pour les affaires de sécurité. "Malheureusement, il y a beaucoup de lâches. Nous avons des gens qui recherchent toutes les excuses pour ne pas se battre", a dit Sambo Dasuki lors d'une intervention devant le groupe de réflexion de Chatham House. Le conseiller du président Goodluck Jonathan a cependant écarté l'idée d'une "conspiration" dans les hautes sphères de l'armée. Boko Haram a pris le contrôle au début du mois de la ville de Baga, près du lac Tchad, faisant peut-être plusieurs centaines de morts dans la population civile. Baga était en théorie le quartier général d'une force multinationale comprenant des soldats nigérians, nigériens, tchadiens et camerounais. Les militaires nigérians, seuls présents sur place au moment de l'assaut islamiste, ont pris la fuite. Une vingtaine d'officiers de l'armée nigériane, dont un général, sont actuellement jugés pour avoir saboté l'effort de guerre. Sambo Dasuki a souligné que, contrairement à ce que certains avancent "comme excuse", l'armée nationale était suffisamment équipée pour faire face aux islamistes. Il a précisé que des renforts avaient été envoyés dans la région de Baga et a dit espérer que la ville sera prochainement reprise. Le QG de la force multinationale a été transféré à N'Djamena, la capitale tchadienne, a poursuivi le conseiller, avant d'ajouter que les Nigérians "ne voyaient pas trop l'utilité" de cette force. (Estelle Shirbon et David Clarke, Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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