« Un rendement de 5% à 6% sur les obligations à haut rendement en 2014 » par Julien Rerolle (Cercle des analystes indépendants)

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Julien Rerolle, président-fondateur de Spread Research, croit au potentiel du " high yield" en 2014.
Julien Rerolle, président-fondateur de Spread Research, croit au potentiel du " high yield" en 2014.

Avec l'amélioration progressive des résultats des entreprises et la baisse du stress sur les marchés financiers, les obligations « high yield » devraient rester performantes avec une prévision de rendement attendu toutefois en léger recul, entre 5 et 6%, selon Julien Rerolle, président-fondateur de Spread Research et membre du Cercle des analystes indépendants.

Dans un contexte de marchés financiers marqués par de moins forts risques exogènes ainsi qu'une stabilisation des conditions économiques, Spread Research voit une année 2014 toujours attractive pour la classe d'actif des obligations émises par les sociétés notées en dessous de la catégorie BBB.

Sur la tendance des résultats du T2 en forte hausse par rapport aux attentes et aux résultats catastrophiques du T1, les résultats du T3 continuent de fournir des bonnes surprises. En effet, malgré des ventes en moindre croissance, les marges des entreprises ont bien résisté grâce aux effets bénéfiques des plans de réduction de coûts ainsi qu'à la réduction de la facture des matières premières. Au niveau de la solidité du bilan des sociétés, celle-ci est en cours de stabilisation grâce aux ventes d'actifs, ventes qui ont compensé la hausse modérée des investissements et des besoins en fonds de roulement.

Au niveau du risque de refinancement des émetteurs appréhendé par notre indicateur de liquidité, nous trouvons que 63% des sociétés couvertes n'ont pas de risque de liquidité dans les 3 ans qui viennent. Cet indicateur s'est amélioré en 2013 avec des refinancements massifs permis par un marché primaire record, et une stabilisation des conditions de crédit des banques, suite à la politique de la BCE. Ceci a permis de décaler la hausse attendue du taux de défaut des sociétés de 1 an, puisque nous retrouvons en 2013 ce que nous avions attendu en 2012, a savoir une hausse du taux de défaut vers les 7%, contre 3% en 2012, pour les obligations a haut rendement en Europe.

Au niveau des investisseurs, au delà des rendements supérieurs fournis par les dettes d'entreprises, ces derniers restent très attirés par un type de risque qui reste fondamentalement plus facile à prévoir que celui des obligations souveraines. Néanmoins, la différenciation du risque entre les émetteurs souverains, bancaires et entreprises s'est largement réduite sur l'année en cours. Les primes de risques sont repassées sous les niveaux de 2008 et les rendements depuis le début de l'année sont à 7.3% sur les indices des obligations à haut rendement, à la fin octobre 2013. Ce niveau de rendements est un peu supérieur à notre prévision de 7% pour l'année en cours. Sur la même période, notre portefeuille modèle que nous proposons à nos clients depuis 10 ans aura généré une surperformance de 100 bp.

Il y a un mois, nous annoncions des rendements de 5% à 7% en 2014 sur le haut rendement obligataire, mais suite a l'amélioration continue des indices, nous réduisons légèrement notre prévision. Cette classe d'actif reste toujours très attrayante par rapport à l'ensemble des produits de taux. De plus, ces actifs se comportent bien en consolidation de bas de cycle et restent corrélés positivement aux marchés actions. Le risque de hausse des taux étant modéré et les taux de défaut étant en amélioration sur 2014 dans nos prévisions par rapport à 2013, le risque global perçu par les investisseurs diminue. Pour autant, l'absence de potentiel d'appréciation du capital des obligations lié a des niveaux de taux actuels bas ainsi qu'une réallocation des actifs vers les actions pourraient limiter la performance du haut rendement à des niveaux de 5% à 6% sur l'année 2014.

Julien Rerolle

Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l'initiative de Valquant, la société d'analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l'analyse indépendante.

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