Un rapport veut compliquer la location sur Airbnb

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Une étude de l’organisme de réflexion France Stratégie veut empêcher les sous-locations de plus de trois semaines par an sur les plateformes de location collaboratives.

À l’heure du numérique, le secteur de l’immobilier a été profondément transformé. De nouveaux acteurs, Airbnb en tête, bousculent les pratiques traditionnelles. Un rapport de l’organisme de réflexion France Stratégie, rattaché au premier ministre, remis à la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, souligne l’importance d’encadrer ces entreprises. En France, comme à l’étranger, beaucoup abusent des règles en vigueur.

Les deux auteurs de l’étude, Bernard Vorms et Pierre-Yves Cusset, préconisent d’interdire aux locataires de sous-louer leur logement pendant une durée supérieure à trois semaines sur une année. Une idée qui va frémir ceux qui utilisent ce service comme un moyen d’arrondir leurs fins de mois. «Le montant total de l’ensemble des loyers perçus de la sorte ne devrait pas excéder le loyer payé pour la même période (trois semaines) par le locataire», explique le rapport. Si une telle idée se concrétisait, le locataire ne gagnerait plus grand chose dans une telle opération!

La loi oblige déjà le locataire qui souhaite sous-louer à demander l’autorisation du propriétaire (loi du 6 juillet 1989). S’il ne le fait pas, il risque de voir son bail résilié, et pire peut être condamné à verser des dommages et intérêts, voire encourir des sanctions pénales. Une telle mésaventure est arrivée, en avril dernier, à un locataire parisien qui a dû verser 5000 euros au propriétaire et 2500 euros à son avocat. Son business lui avait pourtant rapporté quelque 22.000 euros de revenus sur trois ans.

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Le rapport, intitulé «La révolution numérique et le marché du logement», souligne également que la révolution numérique n’a pas marginalisé, comme cela a pu être le cas pour les voyagistes par exemple, les agents immobiliers en France. «La part des ventes réalisées par l’intermédiaire des agents immobiliers serait restée globalement stable, aux alentours de 60%», explique les auteurs de l’étude. Par ailleurs, le niveau moyen des honoraires d’agences est resté élevé en France, entre 4,5% et 5% du montant de la transaction selon ce rapport. Il est bien supérieur au taux de 1,6% perçu au Royaume-Uni mais proche des niveaux pratiqués aux États-Unis et au Canada: 5,5% à 6%, partagés entre l’agent du vendeur et celui de l’acheteur.

Cela n’empêche pas Bernard Vorms et Pierre-Yves Cusset de craindre que des géants comme Google ou Facebook décident de créer des filiales jouant «le rôle des agences [immobilières] en comptant sur leur puissance de calcul pour contrôler le processus de recherche du consommateur». Les auteurs redoutent à terme une «vassalisation» des agences immobilières, comme ce fut le cas dans l’hôtellerie avec Booking. «A ce jour, “la disruption” (rupture) n’a pas eu lieu, ou pas encore. Mais l’histoire n’est pas achevée», concluent-ils.

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  • surfer1 il y a une semaine

    Fillon a dit : "Il faut arrêter d'em..erder les Français" et il a raison. Marre et plus que marre des énarques qui se mêlent de tout .... et du politiquement correct de bourso qui censure en dépit du bons sens !

  • marcgiat il y a une semaine

    Tuer "la poule aux oeufs d'or" qu'est notre tourisme...dans notre beau pays. Nos ENArques pensent-ils que nous sommes seuls au Monde ?

  • kram123 il y a une semaine

    Légiférer réglementer .... qd on voit certains pays crée des emplois nous on bloque tout . En Thaïlande on a des taxis des Vtc des motos taxis des motos vtc je me demande plus pourquoi ma france est passé de la 5eme place mondiale à la 26 eme place

  • sibile il y a une semaine

    le mieux à faire, c'est d'expliquer aux touristes qu'ils se contentent d'envoyer leur chèque mais qu'ils restent chez eux