Un rapport souligne le risque lié à la dette japonaise

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UN RAPPORT SOULIGNE LE RISQUE LIÉ À LA DETTE JAPONAISE
UN RAPPORT SOULIGNE LE RISQUE LIÉ À LA DETTE JAPONAISE

par Takaya Yamaguchi

TOKYO (Reuters) - Rien ne garantit que les investisseurs nippons continueront à acheter massivement la dette souveraine, conclut un projet de rapport officiel auquel Reuters a eu accès, qui souligne le risque de voir une remontée des rendements obligataires entraver la croissance à long terme.

L'avertissement de ce comité d'experts mandaté par le ministre des Finances, Taro Aso, intervient dans une période de baisse marquée des cours des obligations, qui illustre la difficulté pour le gouvernement du Premier ministre, Shinzo Abe, à trouver un équilibre tenable.

Shinzo Abe a lancé un programme extrêmement ambitieux de relance fiscale et monétaire qui a fait dégringoler le yen à son plus bas niveau en quatre ans et demi face au dollar et a dopé les cours de Bourse de 70% depuis novembre.

Mais le Premier ministre tente dans le même temps de convaincre les investisseurs qu'à long terme, le Japon devra maîtriser sa dette publique, qui représente actuellement plus du double du PIB annuel du pays, un record parmi les pays avancés.

La récente envolée de la Bourse de Tokyo s'explique essentiellement par le soutien des investisseurs étrangers, qui font le pari que Shinzo Abe réussira à sortir le Japon du marasme et de la déflation qui dure depuis 15 ans.

A contrario, les obligations d'Etat japonaises (JGB), détenues à plus de 90% par les investisseurs nippons, ont initialement peu réagi au programme de rachat massif d'actifs de la Banque du Japon (BoJ).

DISCIPLINE BUDGÉTAIRE

"Avec la mondialisation des transactions financières, il y a une grande liberté pour aller investir à l'étranger, ce qui fait qu'il n'y a absolument aucune garantie que les fonds japonais seront investis dans les JGB", affirment les experts dans leur projet de rapport. "Il est essentiel que les JGB continuent à avoir la confiance des marchés en tant qu'actifs peu risqués."

Le projet de rapport de 31 pages souligne que le Japon a promis à plusieurs reprises au Groupe des 20 qu'il allait réduire son déficit de moitié, hors coûts du service de la dette, au cours des cinq prochaines années à mars 2016.

Le marché des JGB défie depuis des décennies les Cassandre qui y voient une bulle spéculative prête à éclater. Toutefois, les cours des obligations ont accusé la semaine dernière leur plus forte baisse cumulée sur quatre jours depuis des années, bien que ce recul ait été surtout lié aux craintes que le marché n'arrive pas à digérer les injections massives de liquidités de la BoJ.

La banque centrale achète l'équivalent de 70% des nouvelles émissions dans le but de relancer la croissance japonaise.

Le projet de rapport souligne qu'il est vital d'éviter une propagation sur le marché du sentiment que la BoJ signe un chèque en blanc au gouvernement pour laisser filer la dette.

Ce rapport est provisoire et peut encore être modifié avant d'être soumis au ministre vers la fin du mois comme base de réflexion pour le projet de réforme fiscale attendu cet été.

La réforme fiscale va progressivement passer au premier plan de l'attention des marchés, le gouvernement de Shinzo Abe devant décider d'ici le mois d'octobre s'il met en oeuvre ou non son projet de doubler la TVA à 10% sur les deux prochaines années.

Takaya Yamaguchi, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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