Un rapport recommande de réglementer l'e-cigarette

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L'USAGE DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE DOIT ÊTRE DAVANTAGE RÉGLEMENTÉ, SELON DES EXPERTS
L'USAGE DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE DOIT ÊTRE DAVANTAGE RÉGLEMENTÉ, SELON DES EXPERTS

PARIS (Reuters) - La cigarette électronique, prisée par plus de 500.000 personnes en France, ne doit pas être interdite mais son utilisation dans les lieux publics et par les mineurs doit être proscrite, estiment des experts dans un rapport publié mardi.

Chargé en mars par le ministère de la Santé d'évaluer ce produit utilisé par de plus en plus de fumeurs, le professeur Bertrand Dautzenberg a présenté mardi les 28 recommandations émises dans son rapport.

L'accès des fumeurs aux "e-cigarettes" ne doit pas être freiné "car au vu des données actuelles elles semblent réduire les dommages lorsqu'elles remplacent la cigarette", estiment les experts qui ont travaillé sous sa direction.

La cigarette électronique, qui reproduit la forme de la cigarette classique, utilise des solutions contenant du propylène glycol ou du glycérol, avec l'ajout de divers arômes et éventuellement de nicotine. En mai 2011, l'Afssaps, l'ancienne Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), recommandait de ne pas en consommer.

Pour les experts, l'utilisation de l'e-cigarette doit toutefois être proscrite dans tous les endroits où il est traditionnellement interdit de fumer. Les allégations de type "pour fumer là où c'est interdit" constituent une incitation indirecte au tabagisme interdite par la loi.

Ils recommandent également d'interdire la vente des e-cigarettes aux mineurs comme c'est le cas pour les produits de tabac. Quant aux règles s'appliquant à la publicité pour le tabac, elles doivent être transposées à la cigarette électronique.

VENTE EXCLUSIVE

A l'heure actuelle, les cigarettes électroniques ne peuvent pas officiellement être vendues en pharmacie car elles ne figurent pas sur la liste des produits dont la délivrance y est autorisée. Elles sont toutefois présentes dans toutes les officines.

Le rapport préconise de limiter la vente de l'e-cigarette aux seuls établissements agréés. Les produits qui obtiendraient une autorisation de mise sur le marché et le statut de médicament doivent être vendus exclusivement en pharmacie.

Concernant les e-cigarettes et e-liquides n'ayant pas ce statut, ils pourraient être vendus "dans d'autres points de vente hors les pharmacies".

Dans un communiqué, la Confédération des buralistes demande au gouvernement de leur confier exclusivement la vente de la cigarette électronique.

"Notre réseau offre déjà de multiples garanties et a l'habitude des produits sensibles", fait valoir son président Pascal Montredon. "Et puis ce serait aussi une réponse à la nécessaire diversification de nos commerces, trop souvent évoquée par les pouvoir publics mais jamais suivie d'effet."

L'association indépendante des utilisateurs de cigarettes électroniques (Aiduce) se dit quant à elle "globalement satisfaite" par les conclusions du rapport.

"Le seul point sur lequel nous sommes en désaccord porte sur l'interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics", a dit à Reuters Brice Lepoutre, président de l'association qui a participé à la relecture du rapport, qualifiant de "faux-arguments" les explications des experts.

Ces derniers craignent que l'utilisation de l'e-cigarette dans les lieux destinés à un usage collectif incite les consommateurs de tabac à "violer l'interdiction par imitation" et complique le travail des agents de contrôle.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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  • lemeri38 le mardi 28 mai 2013 à 15:56

    mais bien sur et si on se jette d'un pont ils suivent ? si ce n'est pas nocif pour l'entourage aucune raison d’être interdite