Un rapport parlementaire juge la filière nucléaire préoccupante

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UN RAPPORT PARLEMENTAIRE JUGE LA FILIÈRE NUCLÉAIRE PRÉOCCUPANTE
UN RAPPORT PARLEMENTAIRE JUGE LA FILIÈRE NUCLÉAIRE PRÉOCCUPANTE

PARIS (Reuters) - La hausse des coûts de la filière nucléaire française est préoccupante et les charges futures du secteur doivent être mieux cernées par les pouvoirs publics, selon un rapport parlementaire publié mardi.

Ce document de la commission d'enquête sur les coûts du nucléaire, constituée à la demande du groupe écologiste et dont le rapporteur est le député Vert Denis Baupin, doit contribuer au projet de loi sur la transition énergétique, que la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal présentera dans ses grandes lignes mercredi.

Il s'inscrit dans le contexte de l'objectif présidentiel de réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité en France à l'horizon 2025 et dans le débat sur la prolongation au-delà de 40 ans de la durée de vie des réacteurs d'EDF.

Exprimant "sa préoccupation concernant l'évolution des coûts de la filière nucléaire" en matière d'exploitation, d'investissements ou encore de nouveaux réacteurs de type EPR, la commission s'interroge sur l'impact des hausses sur le pouvoir d'achat des ménages, le prix de l'électricité pour les entreprises et même "l'avenir des entreprises de la filière".

Elle estime en conséquence "qu'il revient aux pouvoirs publics de définir le cadre énergétique permettant de réduire les incertitudes pesant sur la filière, notamment à l'occasion de la loi de programmation sur la transition énergétique".

La commission s'appuie notamment sur un rapport de la Cour des comptes selon lequel le coût de production de l'électricité nucléaire en France a bondi de 21% entre 2010 et 2013 en raison notamment de la forte augmentation des investissements d'EDF.

Elle pointe dans son propre rapport "les incertitudes persistantes sur l'évaluation des coûts de démantèlement", recommande un rapport de la Cour des comptes sur les coûts et bénéfices de l'aval de la filière et souligne "l'importance de sécuriser le financement des charges futures" (démantèlement et déchets).

Sur ce dernier point, elle estime que la constitution d'un fonds dédié au sein de la CDC, alimenté par les provisions des entreprises nucléaires, pourrait permettre "une meilleure sécurisation" des financements.

Concernant la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), dont François Hollande a promis la fermeture en 2016, la commission a constaté lors de son déplacement en Alsace le "vide" de l'action étatique et souligne que "les élus locaux ressentent mal l'absence de projet porté par l'Etat et se sentent quelque peu abandonnés, voire méprisés".

Jugeant que la décision de fermer Fessenheim "a manqué d'une impulsion venue d'en haut" et que "beaucoup de temps a été perdu", elle appelle à "renforcer très significativement le dialogue et les moyens mis en oeuvre sur le terrain".

La commission recommande aussi que l'Etat "se dote d'une capacité d'expertise indépendante permettant (...) de contribuer au mieux à la planification des choix d'investissement et de leurs impacts sur les coûts globaux de la filière, notamment pour tout ce qui touche à la prolongation de la durée de vie des réacteurs".

Dans leur contribution, les députés UMP ont de leur côté critiqué le rythme et l'agenda des travaux de la commission et fustigé un rapport qui constitue selon eux "un manifeste anti-nucléaire qui s'apparente sans conteste à un document militant".

(Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • M4369955 le mardi 10 juin 2014 à 13:36

    merci les règles de la concurrence et du marché européen ouvert ! merci l' europe ! La france disposait de l'électricité la moins chère d'europe. Si EDF au lieu de se préparer à la concurrence et à l'ouverture des marchés s'était concentrée en tan qu'entreprise nationale au marché français on en serait pas là !