Un rapport met en cause la direction de Goodyear-Amiens Nord

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UN RAPPORT FUSTIGE L'ATTITUDE DE LA DIRECTION DE GOODYEAR AMIENS-NORD
UN RAPPORT FUSTIGE L'ATTITUDE DE LA DIRECTION DE GOODYEAR AMIENS-NORD

PARIS (Reuters) - La fermeture programmée de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord est due au manque de dialogue social, estime une commission d'enquête de l'Assemblée nationale, qui l'impute en grande partie à la direction du groupe.

Tous les groupes de gauche ont voté pour les conclusions du rapport de cette commission d'enquête mise en place en juin dernier, l'UMP s'étant abstenue.

"Il est évident que la récente perspective de fermeture pure et simple du site n'a pu qu'aggraver le caractère délétère d'un dialogue qui n'est plus qu'une confrontation", écrit la socialiste Pascale Boistard, rapporteur de la commission.

Elle affirme que l'attitude de la direction française de Goodyear "a pu surprendre", estime que la situation au sein de l'entreprise "a conduit à une augmentation des risques psychosociaux" comme le stress, le mal-être, la souffrance au travail ou bien encore le harcèlement moral.

L'UMP a émis des réserves sur cette analyse.

"Nous aurions aimé trouver dans le rapport une analyse des responsabilités de chacun", écrit le président de la commission d'enquête, l'UMP Alain Gest, en référence notamment au comportement du syndicat CGT de l'entreprise.

Il estime qu'une "lecture objective des témoignages" montre "en particulier que les responsabilités sont, pour le moins partagés, dans le blocage du dialogue social et dans le cours regrettable des événements".

MÉDIATION

Pour éviter la répétition de ce type d'épisode, Pascale Boistard propose que dès une première rupture des négociations soit mise en place une médiation par le préfet et que soient renforcés les droits des représentants du personnel en prescrivant aux entreprises de les informer sur les orientations stratégiques, sous couvert de confidentialité.

Elle suggère de ne recourir au rythme de travail fondé sur les 4x8 qu'à titre exceptionnel et de prévoir des sanctions pénales s'agissant des manquements des entreprises aux principes généraux de prévention en matière de risques psychosociaux.

Parmi les autres propositions figurent le relèvement du montant des pénalités applicables aux infractions au droit du travail ou bien encore l'amélioration de la formation initiale et continue des magistrats dans le domaine du droit du travail, en particulier pour les risques psychosociaux.

"A l'heure où le présent rapport est rédigé, l'industriel maintient sa volonté de fermer le site, des actions en justice sont en cours et la plus grande incertitude règne quant aux contours d'une éventuelle reprise de l'activité de production de pneus agricoles par un grand groupe", conclut Pascale Boistard.

Le groupe américain Titan s'est dit prêt à reprendre l'usine Goodyear d'Amiens-Nord mais a posé comme préalable que Goodyear et les syndicats parviennent à un accord sur un plan social pour les 1.137 employés du site avant un éventuel rachat.

L'industriel a fait savoir au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qu'il pourrait reprendre 333 employés de l'usine pour y fabriquer des pneus agricoles.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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  • M6695204 le mercredi 18 déc 2013 à 12:41

    Quel talent ce montebourg!