Un rapport épingle les tarifs du TGV Est

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La chambre régionale des comptes d'Alsace estime que les prix des billets sur la ligne Paris-Strasbourg sont «de toutes les grandes lignes, les plus élevés» sans plus d'«avantages externes». Un constat que la SNCF réfute.

Les Alsaciens paient-ils deux fois le TGV Paris-Strasbourg? Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Alsace, dont le Conseil régional a pris acte ce vendredi, épingle les prix proposés sur cette ligne à grande vitesse (LGV). «Les tarifs de la LGV Est Paris-Alsace sont, de toutes les grandes lignes, les plus élevés, sans que les avantages externes qui lui sont liés soient sensiblement différents», constatent les auteurs. Ils soulignent au passage que les Alsaciens ont participé au financement de cette infrastructure par l'impôt, mais ne bénéficient pas «en retour d'un tarif plus avantageux qu'un usager LGV d'un autre TGV».

«La LGV Est est la première à être cofinancée par les collectivités», rappelle Philippe Richert, président du conseil régional d'Alsace. Le TGV Est, dont la première tranche entre Paris et Strasbourg est entrée en service en 2007 et dont le prolongement s'achèvera en 2016, est un chantier à 5,13 milliards d'euros. Au total, les contribuables d'Ile-de-France, Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace auront mis 1,25 milliard d'euros sur la table pour sa construction, dont 518 millions pour les Alsaciens. Le président de la Région juge aussi les prix pratiqués par la SNCF «assez élevés».

Un constat que réfute la direction régionale de la SNCF. Les tarifs pratiqués sont, selon elle, similaires à ceux des autres lignes. Un aller Paris-Lyon en plein tarif revient par exemple à 75 euros en période creuse et 94 euros en période de pointe, contre 77 et 95 euros selon la période pour un Paris-Strasbourg. «Seul un passager sur dix achète ses billets au plein tarif sur cette liaison, donc neuf sur dix bénéficient de réductions», ajoute la SNCF. «Cette ligne est la seule sur laquelle les trains circulent à 320 km/h, ce qui gonfle le coût de sa construction», souligne-t-on par ailleurs.

Disparition du Corail

C'est pourquoi le TGV Est n'aurait pas existé sans le financement des collectivités locales. Alors que la construction du chantier est assumé par Réseaux Ferrés de France (RFF), la SNCF rappelle avoir aussi investi massivement dans ce projet. Elle a déboursé 1,3 milliard d'euros, notamment pour les gares et les rames. Sans compter les 600 millions consacrés récemment à l'achat de 20 nouvelles rames Euroduplex. Enfin, les charges que doit assumer l'opérateur, dont l'électricité, les péages RFF ou l'entretien des voies et des rames,ont flambé de 50% entre 2007 et 2012. «Au final, cette ligne n'est toujours pas rentable», dit-on au siège régional de la SNCF.

Pourtant, le succès commercial est au rendez-vous. «Les objectifs de fréquentation sur cinq ans d'exploitation (...) ont été atteints en moins de trois ans», relève la chambre régionale des comptes. «En juin 2011, le trafic cumulé au bout de quatre années de fonctionnement est de 50 millions de personnes, soit un accroissement de plus de 86% en sept ans.» Toujours est-il que les Alsaciens n'ont pas d'alternative. Le lancement du TGV en 2007 a signé l'arrêt du train Corail, sur lequel un aller simple entre Paris et Strasbourg coûtait 50 euros. Pour Philippe Richert, «les usagers paient aussi les avantages du TGV tels que la rapidité, la flexibilité et le confort que n'offrait pas auparavant le Corail qui effectuait en outre ce trajet en 4h40, contre 2h20 aujourd'hui».

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