Un rapport dénonce les "erreurs grossières" commises à Guantanamo

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    KABOUL, 3 novembre (Reuters) - Huit Afghans ont été détenus 
pendant des années sur la base militaire de Guantanamo alors que 
les éléments qui pesaient sur eux étaient fragiles, imaginaires 
ou provenaient de rumeurs, estime un rapport publié jeudi par 
l'Afghanistan Analysts Network (AAN) 
    L'AAN, une organisation à but non-lucratif, a examiné le cas 
des huit hommes, qui comptent parmi les détenus afghans restés 
le plus longtemps à Guantanamo. 
    Tous y sont encore ou ont récemment été transférés aux 
Emirats arabes unis. 
    Selon l'AAN, l'armée américaine n'a pas été en mesure 
d'étayer la moindre des accusations portées contre eux. 
    Ces cas mettent en lumière les dangers de la détention 
arbitraire, une pratique susceptible d'aboutir à des erreurs 
judiciaires, dit l'AAN dans son rapport intitulé "Kafka à Cuba". 
    "Examiner le régime de détention américain à travers le 
prisme de la leçon afghane de Guantanamo soulève des questions 
sur l'efficacité du renseignement et de la justice américains", 
dit le rapport. 
    Parmi les huit détenus en questions, figurent un vendeur de 
fleurs en plastique, un concierge et un épicier, accusés 
d'appartenir à Al Qaïda, d'être un financier des taliban ou 
encore d'appartenir à une cellule d'artificiers d'Al Qaïda. 
    Le rapport souligne qu'aucun des huit hommes n'a été capturé 
sur le champ de bataille. Six ont été livrés à l'armée 
américaine par les armées pakistanaise ou afghane et deux ont 
été arrêtés sur la base de renseignements obtenus auprès 
d'indicateurs. 
    Les documents de l'accusations reposaient sur "des rumeurs, 
des preuves secrètes, des traductions erronées, des erreurs 
factuelles grossières et des témoignages obtenus sous la 
contrainte et la torture". 
    En plus d'avoir commis de nombreuses erreurs géographiques, 
l'armée américaine a confondu des groupes armés qui avaient 
déposé les armes depuis longtemps ou qui n'avaient même jamais 
appartenu à la mouvance djihadiste, dit encore le rapport. 
    Les enquêteurs n'ont de surcroît jamais réussi à purger les 
dossiers des erreurs factuelles concernant les détenus tandis 
que les juridictions "ont lamentablement échoué à invoquer la 
responsabilité du pouvoir exécutif". 
    Le président Barack Obama, qui s'est engagé à fermer le 
centre de détention de Guantanamo avant la fin de son mandat, 
s'efforce de le vider en transférant les détenus qui ne sont pas 
considérés comme une menace, mais faute d'accord du Congrès, il 
semble peu probable qu'il puisse honorer sa promesse. 
    Les partisans du maintien du centre de détention expliquent 
qu'il a permis d'isoler certains des combattants les plus 
dangereux et qu'il reste un instrument efficace pour combattre 
le terrorisme. 
    Ses adversaires jugent de leur coté que la prison de 
Guantanamo va à l'encontre des valeurs du pays et qu'elle 
alimente la propagande des groupes terroristes. 
 
 (James Mackenzie, Nicolas Delame pour le service français) 
 
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