Un rapport de l'UE prône des sanctions contre Pékin sur l'acier

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L'UE POUR DES SANCTIONS CONTRE LA CHINE SUR LE DOSSIER DE L'ACIER
L'UE POUR DES SANCTIONS CONTRE LA CHINE SUR LE DOSSIER DE L'ACIER

par Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - L'incapacité de la Chine à réduire sa production d'acier pourrait amener l'Union européenne à envisager de nouvelles sanctions commerciales contre Pékin, a déclaré mercredi la Commission européenne, à l'unisson avec les Etats-Unis qui recommandent une réponse ferme aux surcapacités chinoises.

La Chine, de loin le premier producteur mondial d'acier, a une production annuelle qui est près du double de celle de l'UE. Les gouvernements occidentaux tiennent les exportations chinoises pour responsables de la crise de l'acier, qui a pour conséquence la fermeture d'installations et la destruction d'emplois des deux côtés de l'Atlantique.

Dans un document proposant un cadrage pour la politique chinoise de l'UE sur les cinq prochaines années, la Commission juge insuffisante la promesse de Pékin de réduire sa production d'acier brut de jusqu'à 150 millions de tonnes d'ici 2020.

"L'UE est gravement préoccupée par les surcapacités dans un certain nombre de secteurs industriels en Chine, notamment dans la production d'acier", lit-on dans ce rapport avalisé mercredi par de hauts responsables communautaires parmi lesquels la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et la représentante de l'Union européenne pour la politique étrangère, Federica Mogherini.

"S'il n'est pas correctement remédié au problème, des mesures de défense commerciale risquent de proliférer et de s'étendre à d'autres secteurs comme l'aluminium, la céramique et les produits à base de bois", ajoute-t-il en faisant allusion à des tarifs douaniers punitifs pour limiter les importations chinoises.

VERS DE NOUVEAUX DROIT ANTI-DUMPING AUX ETATS-UNIS

Après la production mondiale record de l'an dernier, les pays du Groupe des Sept, réunis le mois dernier, s'étaient engagés à prendre des mesures.

La CE a ouvert en mai également une enquête sur de possibles aides publiques pour les aciers laminés à froid, portant à sept le nombre d'enquêtes européennes en cours sur les importations d'acier chinoises.

Aux Etats-Unis, la Commission du commerce international, l'ITC, a conclu mercredi que les importations chinoises d'acier laminé à froid avaient nui aux producteurs américains, ouvrant ainsi la voie à des droits anti-dumping. Le département du Commerce, saisi en juin 2015 par United States Steel, AK Steel et la filiale américaine d'ArcelorMittal, avait recommandé le mois dernier de taxer ses produits à 522%.

Les exportations chinoises d'acier ont augmenté de 6,4% sur les cinq premiers mois de l'année, à 46,28 millions de tonnes, selon des données de Pékin.

La Chine nie être à l'origine de la surproduction mondiale, mais les Etats-Unis et l'UE l'accusent de subventionner des sites non rentables pour qu'ils restent en activité et ne licencient pas.

Le document de l'UE demande ainsi qu'il soit mis fin le plus rapidement possible aux subventions et autres mesures de soutien qui contribuent à l'expansion ou à l'exportation de capacités, et il ajoute que Pékin doit réformer son économie pour "laisser les forces du marché régler naturellement le problème."

(Robin Emmott, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)

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