Un rapport accablant pour la centrale nucléaire de Civaux

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BORDEAUX (Reuters) - L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a envoyé un rapport accablant à la direction de la centrale de Civaux (Vienne) après la découverte de fuites de tritium dans la nappe phréatique.

Ce rapport daté du 23 janvier et mis en ligne mercredi sur le site de l'ASN a été envoyé après l'inspection que l'organisme a diligentée sur place la semaine dernière.

Il met en évidence "une attention insuffisante aux risques de contamination par le tritium, tant en ce qui concerne l'état de la capacité de rétention, les programmes de surveillance du génie civil, le choix des méthodes de mesures employées par le service de prévention des risques et la formation des agents".

L'ASN indique également qu'"à l'intérieur de la capacité de rétention, des fissures sont présentes dans le béton, dont certaines ont manifestement fait l'objet d'une réparation d'étanchéité à l'aide de mastics ou de gels de silicone".

Les inspecteurs ont également relevé que le revêtement armé n'était pas intègre, présentant notamment des cloques dont certaines sont percées, "révélant la présence de liquide entre le revêtement et le béton qu'il est censé protéger".

L'Autorité de sûreté nucléaire demande que des travaux soient effectués dans les plus brefs délais et que les procédures de contrôle, d'information et d'alerte, ainsi que la formation des agents soient révisées.

EDF a indiqué dans un communiqué que les mesures effectuées dans l'eau d'un puits de contrôle des eaux souterraines situées sous la centrale après la découverte de la fuite il y a une douzaine de jours avaient révélé une concentration de tritium 67 fois supérieure à la valeur attendue pour ce type d'analyse.

L'opérateur précise toutefois que "l'eau de cette nappe phréatique ne fait l'objet d'aucun usage direct, ni pour l'eau potable ni pour les besoins agricoles".

L'ASN avait indiqué le 3 janvier que la sûreté des centrales nucléaires françaises était suffisante pour qu'elles puissent toutes poursuivre leur activité, même si des investissements sont nécessaires pour prévenir des situations "extrêmes".

EDF a déclaré que les demandes de l'ASN concernant son parc français devraient engendrer un surcoût d'environ 10 milliards d'euros. Ce surcoût s'ajouterait aux estimations d'investissement initiales du groupe, qui prévoyait près de 40 milliards d'euros pour prolonger de 40 à 60 ans la durée de vie de ses 19 centrales nucléaires françaises.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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  • godardja le mercredi 25 jan 2012 à 15:13

    Beaucoup de bruit pour pas grand chose, d'autant que le tritium a une durée de vie limitée.A côté de cela, en Bretagne et ailleurs, on laisse l'agriculture polluer les nappes phréatiques avec des nitrates en toute impunité !!

  • M3101717 le mercredi 25 jan 2012 à 14:17

    Si qui que ce soit s'y introduit, il risque de la prison ferme !!!