Un rachat de Xstrata n'est "pas obligatoire" pour Glencore

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LE BÉNÉFICE SEMESTRIEL DE GLENCORE BAISSE MOINS QUE PRÉVU
LE BÉNÉFICE SEMESTRIEL DE GLENCORE BAISSE MOINS QUE PRÉVU

LONDRES (Reuters) - Glencore n'est pas obligé de racheter Xstrata, a prévenu mardi le directeur général du premier négociant mondial de matières premières, indiquant ainsi clairement qu'il n'entend pas se plier à la demande d'offre améliorée réclamée par l'actionnaire qatari du groupe minier.

Glencore, qui propose 30 milliards de dollars (24,18 milliards d'euros) pour reprendre Xstrata dont il est déjà le premier actionnaire avec 34% du capital, a fait état d'une baisse moins forte que prévu de son bénéfice semestriel, un recul des prix des matières premières ayant été en partie amortie par la résistance du négoce des métaux et des produits agricoles.

Glencore a annoncé en février une OPA sur le capital de Xstrata qu'il ne détient pas déjà, à laquelle Qatar Holding, deuxième actionnaire du groupe minier, fait obstacle en exigeant de meilleures conditions.

Le fonds d'investissement qatari, qui détient 12% du capital de Xstrata, demande un ratio d'échange d'actions de 3,25 alors que Glencore propose un ratio de 2,8.

"Nous ne pouvons pas comprendre pas la position des Qatari, qui demandent davantage que le ratio de 2,8. Rien, dans les derniers résultats, n'étaye une telle demande. En fait, nous avons plutôt vu le contraire", a déclaré le directeur général de Glencore Ivan Glasenberg, lors d'une interview à Reuters par téléphone.

"La transaction n'est pas obligatoire. C'est une transaction dont nous estimons qu'elle est cohérente (...) Mais si les actionnaires sont d'un autre avis (...), c'est leur choix", a-t-il ajouté.

LES MINIERS EN DIFFICULTÉ

Le fonds qatari a commencé à acheter massivement des actions Xstrata après le lancement de l'OPA en février, portant sa participation de 3% à plus de 12%, avec une brève pause en juin lorsqu'il a exigé publiquement de meilleures conditions.

Selon Ivan Glasenberg, l'évolution du marché des matières premières rend l'offre de Glencore attrayante au ratio proposé.

Les groupes miniers traversent une passe difficile, affichant des baisses de leurs profits pour la première fois depuis 2009, leurs marges subissant les effets de la hausse persistante des coûts couplée à la baisse des prix des matières premières.

Glencore a fait état d'un bénéfice net de 1,81 milliard de dollars au premier semestre, contre 2,44 milliards un an auparavant et un consensus le donnant à 1,6 milliard.

Le bénéfice d'exploitation a diminué de 24% à 2,51 milliards de dollars, ce qui dépasse là encore le consensus.

"Pour ce qui concerne l'avenir, nous n'anticipons aucune amélioration notable du marché ou des conditions économiques dans leur ensemble à court terme", a dit Ivan Glasenberg.

Le bénéfice d'exploitation des activités de négoce a diminué de 11%, la comparaison avec un premier semestre 2011 marqué par de solides performances dans l'énergie ayant été rude, et celui des activités industrielles a chuté de 32%.

En Bourse à Londres, l'action Glencore perdait 0,35% à 352,5 pence à 09h30 GMT. Xtrata gagnait 0,33% à 910,5 pence. L'indice des groupes européens des ressources de base prenait 1,33%, plus forte hausse sectorielle en Europe.

Clara Ferreira-Marques, Wilfrid Exbrayat et Tangi Salaün pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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