Un quartier rebelle de Damas sous le feu des forces syriennes

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BEYROUTH, 2 septembre (Reuters) - Les forces syriennes ont mené mardi leur plus intense pilonnage du quartier sous contrôle rebelle de Jobar, dans l'est de Damas, depuis le début du conflit en Syrie il y a plus de trois ans. Au moins 27 frappes aériennes ont été conduites, tuant au moins un enfant, selon des opposants joints sur place et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui fait état de plusieurs blessés. L'armée de Bachar al Assad s'efforce de reprendre ce faubourg stratégique qui jouxte la vieille ville, après avoir reconquis pendant l'été plusieurs zones tenues par la rébellion autour de la capitale, dont la ville de Mleiha le 14 août. Jobar est contrôlé depuis plus d'un an par les rebelles et subit régulièrement les tirs des batteries de missiles déployées par les forces syriennes dans le centre de Damas. Affirmant que l'armée gouvernementale a progressé dans le faubourg, la télévision publique syrienne a diffusé des images de débris et de tunnels utilisés selon elle par les opposants. Elle a également montré de multiples explosions et des colonnes de fumée s'élevant d'immeubles en passe de s'effondrer. Même si les insurgés n'ont pas réussi à s'emparer du centre de la capitale, les forces loyalistes redoutent qu'elles puissent y pénétrer par des tunnels à partir des faubourgs et des villes périphériques sous leur contrôle. Diverses brigades rebelles sont déployées à Jobar, parmi lesquelles le Front al Nosra, affilié à Al Qaïda. Un militant contacté dans le faubourg a dit avoir vu trois frères de 8, 11 et 14 ans touchés par des éclats d'obus. Celui de 11 ans, blessé à la tête, a été tué, a-t-il dit via Skype. Les habitants du centre de Damas, situé à une vingtaine de minutes de voiture de Jobar, ont confirmé entendre depuis plusieurs jours le grondement continu des avions de chasse et des tirs d'artillerie plus intenses que d'ordinaire. "Ces bruits n'ont rien de nouveau pour nous mais ces derniers jours, c'est particulièrement violent. Mon salon tremble à chaque fois qu'ils tirent", déclare Nada, une Damascène qui préfère taire son nom de famille. (Rédaction de Beyrouth; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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