Un quartier de Damas, scène d'intenses combats entre l'armée syriennes et les rebelles, le 4 août 2012

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L'armée pilonnait dimanche le principal bastion rebelle d'Alep et livrait combat aux insurgés dans d'autres quartiers de la ville, avant de lancer la bataille décisive pour reprendre le contrôle de cette métropole du nord de la Syrie, enjeu crucial du conflit.L'artillerie a repris le matin le bombardement du quartier Salaheddine assiégé par l'armée et cible la veille du plus violent pilonnage depuis l'ouverture du front d'Alep le 20 juillet, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) D'autres combats se déroulaient dans d'autres quartiers de la ville, poumon économique de la Syrie située à 355 km au nord de Damas, a précisé cette ONG qui tire ses informations d'un réseau de militants et des témoins.Après l'envoi de milliers de soldats en renfort, l'armée a lancé le 28 juillet son offensive contre Alep, où les rebelles avaient pris position huit jours plus tôt notamment à Salaheddine, en partie vidé de ses centaines de milliers d'habitants.Mais selon le journal officiel Al-Watan, la véritable bataille d'Alep n'a pas encore commencé. "La mission actuelle (de l'armée) consiste à donner des coups durs aux terroristes, à resserrer l'étau et à renforcer le contrôle des entrées de la ville afin de les empêcher de fuir".Le journal a ajouté qu'"entre 6.000 et 8.000 terroristes" se trouvent à Alep et des "centaines d'entre eux ont été tués ou blessés", et fait état d'une "participation des habitants issus des tribus loyales (au régime) au combat aux côtés de l'armée qui est susceptible de modifier la donne sur le terrain".Situation figéeLa veille déjà, un responsable de la sécurité a affirmé que la véritable bataille d'Alep n'avait pas encore commencé et que les bombardements de l'armée n'étaient que des préparatifs. Selon lui, au moins 20.000 soldats ont été déployés en renfort dans et autour d'Alep et d'autres continuent d'arriver.Les rebelles disent tenir la moitié de la ville et affirment que malgré les bombardements les soldats ne parviennent pas à avancer dans les quartiers.Selon des journalistes de l'AFP sur place, la situation semble figée. Les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) et soldats loyalistes se battent certes violemment à Salaheddine mais chacun attend encore la grande offensive promise par le régime.Pour soulager Alep, des rebelles attaquent quasiment chaque nuit l'aéroport militaire de Mannagh, où sont basés des hélicoptères. Les avions de l'armée de l'air, eux, viennent d'Idleb, plus à l'ouest ou d'autres régions, et rien ne semble pour l'instant pouvoir les arrêter.Dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS), la plus importante coalition de l'opposition, a accusé l'armée de bombarder les sièges d'institutions publiques, qui font partie du patrimoine architectural d'Alep.Alep est l'une des plus anciennes villes du monde et la Vieille ville est considérée par l'Unesco comme "ayant une valeur universelle inestimable".Le CNS a par ailleurs réitéré son appel en faveur des 800 familles qui sont assiégées par l'armée dans la vieille ville de Homs (centre), depuis plus de 60 jours. Elles "sont menacées non seulement par un bombardement sauvage mais aussi par la faim, la soif et le manque de médicaments". Iraniens enlevés Il appelle la communauté internationale, très fortement divisée sur la crise syrienne "et les pays voisins à agir sérieusement face à la menace posée par le régime à l'existence de la Syrie, à la paix et à la stabilité internationales".La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton va se rendre samedi prochain en Turquie pour y discuter du conflit en Syrie, a déclaré dimanche une porte-parole du département d'Etat."Mme Clinton va à Istanbul pour des consultations bilatérales avec le gouvernement turc sur la Syrie et pour couvrir d'autres questions d'actualité", a dit la porte-parole qui accompagne Mme Clinton dans sa tournée en Afrique.Dans la province de Lattaquié (nord-ouest), cinq membres du commandement des rebelles ont été blessés dans le bombardement d'un immeuble dans le secteur de Jabal al-Akrad, selon l'OSDH. L'armée a affirmé samedi contrôler totalement la capitale Damas après avoir repris le quartier Tadamoun aux rebelles.Dans la région de Damas, haut lieu de pèlerinage chiite, 48 pèlerins iraniens qui se rendaient en bus à l'aéroport ont été enlevés samedi, selon les autorités syriennes et iraniennes. L'Iran a demandé à la Turquie et au Qatar, qui soutiennent les rebelles syriens, d'intervenir pour les faire libérer.Les rebelles ont affirmé que parmi ces otages figurent des membres des Gardiens de la révolution, armée prétorienne du régime iranien, selon une vidéo de la télévision satellitaire Al-Arabiya.Vendredi, l'Assemblée générale de l'ONU a déploré l'impuissance de la diplomatie à arrêter ce conflit qui a fait selon l'OSDH plus de 21.000 morts depuis le début en mars 2011 d'une révolte contre le régime réprimée dans le sang.

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