Un projet en faveur du dividende majoré

le
0
P. MARAIS
P. MARAIS
(lerevenu.com) - Le gouvernement craint sans doute qu'un certain nombre de grandes entreprises françaises cotées passent, ces prochaines années, sous le contrôle de groupes étrangers. Le collège de l'Autorité des marchés financiers (AMF) a donc été chargé de réfléchir à de nouveaux filets de sécurité à introduire dans la réglementation boursière.

Entre autres mesures de protection du capital, il serait prévu, selon le quotidien Les Échos qui révèle l'information, de confirmer l'utilité des émissions de bons de souscription en période d'offre publique, dits bons Breton. Une société assiégée a la possibilité de ?diluer? la participation accumulée par l'attaquant en lançant une augmentation de capital assortie de bons de souscription d'actions, ce qui rend plus coûteux son rachat par un acquéreur non désiré.

Une autre mesure proposée par l'AMF, toujours selon Les Échos, devrait susciter moins de commentaires, c'est celle préconisant ?d'augmenter l'assiette et la bonification du dividende majoré?, en vue d'une meilleure fidélisation des actionnaires. L'Autorité propose ainsi de remonter de 0,5 à 1% la part du capital pouvant faire l'objet de cette bonification qui passerait, elle, de 10 à 20% de majoration par rapport au dividende ordinaire.

Pure coïncidence de l'actualité, Warren Buffett, président-fondateur de Berkshire Hathaway, le holding coté à la Bourse de New York qui a enrichi des milliers d'actionnaires de par le monde, redit tout le mal qu'il pense du dividende. Dans sa dernière lettre aux actionnaires, publiée à la veille du week-end, le milliardaire américain consacre, en effet, près de trois pages à justifier son refus de verser un dividende aux actionnaires de son fonds. Il les rémunère depuis trente ans par la seule plus-value du titre, elle-même reflet de la croissance hors normes de la valeur comptable du holding, dont les actifs relèvent d'un véritable inventaire à la Prévert : des PME locales, les dizaines de quotidiens locaux, des fabricants de meubles, mais aussi de très grosses participations dans Coca-Cola, Kraft, NetJets, Sanofi, et bientôt Heinz.

Warren Buffett pointe les nombreux inconvénients du dividende, en particulier sa fiscalité, un argument facile à comprendre pour les actionnaires français? Le raisonnement du milliardaire est simple : il préfère garder la trésorerie de Berkshire Hathaway et l'investir en rachetant des entreprises qu'il juge très rentables, cotées ou non en Bourse, petites ou grandes. Pour lui, seule compte l'augmentation de la valeur comptable de son holding. Et il conseille à ses actionnaires de vendre quelques actions plutôt que de compter sur un dividende.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant