Un proche du président burundais abattu à Bujumbura

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(Actualisé avec réactions) NAIROBI, 2 août (Reuters) - Des hommes armés portant des uniformes militaires ont assassiné dimanche un haut responsable des services de sécurité du Burundi, proche du président Pierre Nkurunziza. Le général Adolphe Nshimirimana, qui était chargé de la sécurité présidentielle, ainsi que trois de ses gardes du corps ont été tués dans l'attaque de leur voiture dans un quartier de la capitale, Bujumbura. Dans un message à la nation diffusé par la radio publique, le président burundais a lancé un appel au calme. "Restez unis et évitez le piège de la vengeance", a-t-il dit, promettant que les meurtriers seraient traduits en justice. Tard dimanche soir, des coups de feu sporadiques ont été entendus dans le nord de Bujumbura. D'après des témoins, quatre hommes lourdement armés et en tenue de soldats formaient le commando qui a assassiné le général Nshimirimana. Ils ont ouvert le feu sur la voiture avant de prendre la fuite, peu après 08h00 (06h00 GMT). "Deux d'entre eux avaient des mitrailleuses et les autres des lance-roquettes. Ils sont arrivés à bord d'un fourgon militaire et sont repartis avec le même véhicule", raconte un chauffeur de taxi qui a assisté à la scène. Sur des photographies qui ont circulé sur les réseaux sociaux, on peut voir le véhicule, un 4x4 noir, criblé de balles, les pneus crevés. "Je viens de perdre un frère, un compagnon de lutte. Triste réalité, le général Adolphe Nshimirimana n'est plus de ce monde", a réagi un conseiller de la présidence, Willy Nyamitwe. Le Burundi est secoué par une grave crise politique depuis que Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, a annoncé en avril sa candidature à un troisième mandat, qu'il a obtenu lors de la présidentielle organisée le 21 juillet dernier. Pour l'opposition burundaise, sa décision est contraire à la Constitution qui limite à deux mandats l'exercice du pouvoir suprême. Nkurunziza, conforté par la Cour constitutionnelle, argue pour sa part que son premier mandat ne doit pas entrer en ligne de compte puisqu'il avait alors été désigné par le Parlement, et non élu au suffrage universel direct. "DANGEREUSE ESCALADE" Dans les semaines de contestation qui ont ébranlé le pays, plusieurs dizaines de manifestants ont été tués tandis qu'une tentative de coup d'Etat, au mois de mai, était mise en échec. Appartenant au premier cercle du président Nkurunziza, le général Nshimirimana avait été un temps chef d'état-major de l'armée burundaise. Des opposants le considéraient comme l'un des principaux artisans de la répression contre les manifestants et les auteurs de la tentative de putsch. Dans un communiqué diffusé dimanche, le service de l'action extérieure de l'Union européenne estime que l'attentat "reflète une dangereuse escalade de la violence au Burundi" et "appelle tous les acteurs burundais à la retenue et à l'impérieuse nécessité de revenir au dialogue". Le diplomate américain Thomas Perriello, émissaire spécial des Etats-Unis dans la région des Grands lacs, a souligné pour sa part sur son compte Twitter qu'il n'y avait "pas de place à la violence sur la voie à suivre" pour sortir de la crise. (Drazen Jorgic; Simon Carraud et Henri-Pierre André pour le service français)

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