Un proche d'Aung San Suu Kyi élu à la présidence birmane

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 (Ajoute noms des vice-présidents, réactions) 
    par Hnin Yadana Zaw et Antoni Slodkowski 
    NAYPYITAW, 15 mars (Reuters) - Le Parlement de Birmanie a 
élu mardi au poste de chef de l'Etat un proche d'Aung San Suu 
Kyi, quatre mois après la victoire de la Ligue nationale pour la 
démocratie (LND), le parti de la lauréate du prix Nobel de la 
paix, aux élections législatives. 
    Htin Kyaw, ami et confident de l'ancienne opposante depuis 
une vingtaine d'années, est le premier président birman à ne pas 
être issu des rangs de l'armée depuis les années 1960. 
    Aung San Suu Kyi, qui ne peut pas accéder à la magistrature 
suprême en raison d'une disposition de la Constitution birmane, 
avait prévenu après le triomphe électoral de la LND en novembre 
dernier qu'elle était prête à exercer le pouvoir par personne 
interposée. 
    Htin Kyaw, investi par la LND à laquelle il a adhéré il y a 
deux mois, a reçu le soutien de 360 des 652 membres de la 
chambre basse du Parlement. 
    "Le résultat d'aujourd'hui s'explique par l'amour que lui 
porte le peuple. C'est la victoire de ma soeur Aung San Suu 
Kyi", a déclaré le président élu. 
    L'ancienne opposante, prix Nobel de la paix en 1991, a été 
la première à voter. Elle a applaudi et souri à l'annonce du 
résultat.  
    Thein Sein, le président sortant, a adressé un message de 
félicitations à son successeur. "Au nom de la nation et du 
peuple, je suis fier de vous voir élu à la présidence", a-t-il 
dit.  
    Le général à la retraite Myint Swe, candidat présenté par 
l'armée, qui contrôle toujours un quart des sièges du Parlement, 
a obtenu 213 voix. Il devient premier vice-président. 
    Le deuxième vice-président, désigné par la LND, sera Henry 
Van Thio. Membre de l'ethnie Chin, présente dans le nord-ouest 
de la Birmanie, il a été choisi par Aung San Suu Kyi pour 
représenter les nombreuses minorités ethniques du pays.  
    La Ligue nationale pour la démocratie a remporté près de 80% 
des sièges parlementaires lors des législatives du 8 novembre, 
mais la Constitution interdit à Aung San Suu Kyi de briguer la 
présidence parce que ses enfants ne sont pas de nationalité 
birmane.  
    Il appartient maintenant au président de former son 
gouvernement, qui succédera à l'équipe du président Thein Sein, 
dont le mandat s'achève le 1er avril. 
    En vertu de la Constitution, les militaires ont l'assurance 
d'obtenir trois portefeuilles ministériels, ainsi qu'une 
minorité de blocage au Parlement qui leur garantit un droit de 
veto sur les amendements constitutionnels. 
 
 (Benoît Van Overstraeten et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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