Un présumé truand jugé 22 ans après un hold-up

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UN PRÉSUMÉ TRUAND MARSEILLAIS JUGÉ 22 ANS APRÈS UN BRAQUAGE
UN PRÉSUMÉ TRUAND MARSEILLAIS JUGÉ 22 ANS APRÈS UN BRAQUAGE

COLMAR, Haut-Rhin (Reuters) - Bernard Barresi, figure présumée du grand banditisme marseillais, est jugé depuis lundi devant la Cour d'assises du Haut-Rhin, à Colmar, pour l'attaque d'un transport de fonds commise il y a vingt-deux ans près de Mulhouse.

Cet homme de 49 ans, qui est assisté par trois avocats, nie son implication dans ce hold-up pour lequel il a été condamné par contumace, en 1994, à vingt ans de prison.

Il reconnaît être venu avec un ami chez son oncle et sa tante à Illzach, dans la banlieue de Mulhouse, le jour des faits, le 1er mars 1990. C'était, a-t-il dit au premier des cinq jours du procès, pour entreposer des sacs qu'il est revenu chercher dix jours plus tard -mais pas ceux du hold-up, des "sacs de linge volé" lors d'un cambriolage, assure-t-il.

"Que voulez-vous que je vous dise, je l'ai pas fait. Si j'avais su que j'allais me retrouver devant vous après tant d'années, j'aurais préféré qu'on me condamne à deux ans pour cambriolage", a-t-il plaidé.

Pressé de questions par la cour, il ne garde cependant aucun souvenir de ce cambriolage d'un magasin de "vêtements de luxe" de Plan-de-Campagne, près de Marseille.

A défaut, Bernard Barresi a contesté être le "voyou" ou le "parrain" que l'accusation semble voir en lui dans ce dossier.

Il a été interpellé en juin 2010 sur la Côte d'Azur dans le cadre d'une enquête sur un réseau de jeux clandestins qui lui vaut une mise en examen à Marseille, notamment pour recel d'extorsion de fonds en bande organisée.

Il refuse pourtant de qualifier de "cavale" les vingt années durant lesquelles il a échappé au mandat de recherche lancé contre lui, disant avoir "toujours travaillé honnêtement".

Son nom est en revanche cité dans l'enquête sur une vaste affaire de marchés publics présumés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône qui a conduit à la mise en examen du président socialiste du Conseil général, Jean-Noël Guérini.

C'est par les déclarations de ses proches qu'il a été mis en cause dans l'attaque du fourgon blindé de Mat-Securitas qui transportait 300 kg de billets de la Banque de France de Mulhouse à Bâle. Six à dix individus cagoulés et lourdement armés avaient bloqué avec trois véhicules la camionnette sur une bretelle d'autoroute à Illzach.

Ils étaient repartis, sans tirer un coup de feu, emportant treize sacs de grosses coupures, soit 33,7 millions de francs, environ cinq millions d'euros. L'argent n'a jamais été retrouvé.

Un renseignement allait mettre les enquêteurs sur la piste d'une bande de malfaiteurs originaires de Marseille dont certains seront débusqués en Alsace. Deux d'entre eux, Bruno Latard et Patrick Le Maux, l'ami qui accompagnait Bernard Barresi le 1er mars chez sa tante, ont été jugés en avril 1994 et condamnés à douze et huit ans de réclusion.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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