Un poisson sur trois consommé à Bruxelles ne correspond pas à son étiquette

le
0

Selon l'ONG Océana, c'est une fraude massive qui touche la capitale belge, et sans doute l'ensemble du pays. D'autres États européens sont aussi concernés par ces pratiques.

Voilà une nouvelle qui ne va pas inciter à la consommation de produits de la mer dans les restaurants de notre voisin belge. Selon l'ONG Oceana, qui lutte pour la préservation des ressources maritimes, au moins un tiers des poissons servis à Bruxelles ne sont pas ceux initialement annoncés par le restaurateur. Un manque de fiabilité des étiquettes qui concerne aussi bien le restaurant de sushis du coin de la rue que les cantines scolaires et d'entreprise. L'ONG prétend que même les cantines des institutions européennes ayant leur siège dans la capitale belge sont concernées.

Si les taux de tromperie sur les étiquettes sont très élevés, il y a néanmoins de forte disparités en fonction de l'établissement et du produit concerné. Selon Oceana, 95% des poissons proposés dans les restaurants de la ville sous le nom de «thon rouge» sont en fait du «thon albacore». Un poisson parfaitement comestible, que l'on trouve habituellement dans les boîtes de conserve. Son prix est d'ailleurs moitié moins élevé que son prestigieux homologue. Quant à la sole et au cabillaud, autres poissons fréquemment consommés, ils sont remplacés par du pangasius, une espèce de la famille du poisson-chat. En moins de 20 ans, le pangasius a conquis le marché mondial dans les pays d'Asie du Sud-Est. Les établissements spécialisés dans les sushis sont les principaux acteurs pointés du doigt par l'ONG puisqu'en moyenne 54% du poisson vendus chez eux ne correspond pas à l'étiquette. Soit plus d'un achat sur deux dans ce type de restaurant… La cantine de la Commission européenne, elle, n'est pas en reste et affiche un peu reluisant taux de 38% de fraude!

Pression de l'opinion française

Interrogée par France Info, l'ONG ne s'étonne guère de cette situation. L'organisation a déjà constaté des pratiques similaires sur le poisson au Royaume-Uni, en Grèce, en Italie ou en Espagne. Un pays fait par contre figure de bon élève: la France! Le taux d'étiquette ne correspondant pas au poisson vendu ne serait en effet que de 4%. Un chiffre constamment en baisse qui s'explique tout d'abord par l'amélioration des techniques d'identification des produits alimentaires comme l'explique Bruno Parmentier, économiste spécialiste de l'agroalimentaire: «la vente mensongère sur le poisson existe depuis longtemps. Avant l'arrivée des analyses génétiques, on ne pouvait constater la fraude qu'au moment du changement d'étiquette, car une fois que le poisson est transformé en filet, il devient difficile à identifier sans une analyse poussée». Mais si la France a d'aussi bon résultats, c'est, nous explique Bruno Parmentier, tout simplement, du fait d'un nombre important de contrôles issus d'une «demande plus forte de la société pour une transparence, et donc une pression sociale pour que la police fasse son travail sur la question alimentaire».

Une inquiétude généralisée, renforcée notamment par le scandale des «lasagnes au cheval» en 2013, que ressentent moins des pays comme la Belgique, où la pression de l'opinion publique est moindre sur la question alimentaire. «C'est quelque chose que l'on a notamment bien vu lors de la crise du porc. Dans un pays comme la Belgique, mais également ailleurs en Europe du Nord, la seule chose que l'on demandait à la filière porcine, c'est de produire du jambon à un prix modéré, pour qu'il puisse garnir des sandwichs… L'exigeance sociale sur la nourriture est plus faible en Belgique et l'opinion moins vigilante sur ces questions» confirme d'ailleurs Bruno Parmentier. «D'autant que dans le cas révélé par cette ONG, il n'y a même pas dans l'absolu de problème sanitaire, c'est seulement une arnaque commerciale: prétendre proposer du poisson cher, et vous faire manger en réalité du bas de gamme».

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant