Un plongeur-sauveteur à proximité de l'épave du Costa Concordia le 16 janvier 2012 près de l'île du Giglio

le
0

Les sauveteurs ont repris lundi après-midi les recherches dans l'épave du Costa Concordia grâce à une amélioration soudaine des conditions météorologiques sur l'île italienne du Giglio, au large de laquelle le naufrage a fait au moins six morts."Nous avons repris les opérations après avoir vérifié que le navire s'est stabilisé", a déclaré le porte-parole des pompiers, Luca Cari. Le vent est tombé, il ne pleut plus et la mer s'est calmée, a-t-il ajouté, en précisant que les recherches s'arrêteraient pendant la nuit.Trois heures plus tôt, un orage et la houle avaient contraint les secours à suspendre leurs opérations, car le navire s'était déplacé d'une dizaine de centimètres et risquait de glisser vers le fond.Le Concordia qui transportait 4.229 personnes, quelque 3.200 touristes et un millier de membres d'équipage, a heurté un rocher puis a fait naufrage vendredi soir près de l'île du Giglio, en Toscane (centre).La catastrophe a fait six morts, dont deux touristes Français, un Italien et un Espagnol ainsi qu'un marin péruvien. Une sixième victime, localisée lundi à l'aube, reste non identifiée car son corps n'a pas encore pu été extrait du navire.Jusqu'à présent, les sauveteurs parlaient de 16 disparus, dont quatre Italiens, quatre Français et deux Américains. Mais lundi, le gouvernement allemand a évoqué une dizaine de ses compatriotes manquant à l'appel.Le propriétaire du navire, Costa Crociere (groupe américain Carnival), a déploré lundi une erreur "impondérable" du commandant, dont il s'est officiellement "dissocié".Le croisiériste américain Carnival, dont le titre a chuté lundi matin de 17,48% à la Bourse de Londres, a chiffré lundi entre 85 et 95 millions de dollars l'impact immédiat sur ses comptes du naufrage du Costa Concordia.Outre la tragédie humaine et le coût financier, les autorités redoutent un "désastre" écologique avec la fuite des 2.380 tonnes de carburant qui se trouvent dans les entrailles du mastodonte, en équilibre sur des rochers à moins de 50 mètres de la côte. Le naufrage comporte "un très haut risque" pour l'environnement de l'île du Giglio, entourée d'une réserve naturelle protégée, et "une intervention est urgente", a déclaré le ministre de l'Environnement, Corrado Clini."L'objectif est d'éviter que le carburant ne s'écoule du navire: nous travaillons sur cette question", a-t-il ajouté. "C'est un gazole dense, lourd, qui pourrait se sédimenter sur les fonds, ce serait un désastre", avait-il déclaré à La Stampa.Une équipe d'experts de la société néerlandaise Smit&Salvage tente de mettre le navire en sécurité."D'après les premières constatations, le navire semble assez stable, il n'y aucune fuite, tout est sous contrôle pour l'instant", a affirmé le maire du Giglio, Sergio Ortelli.En attendant, le commandant du Costa Concordia, Francesco Schettino, est dans la ligne de mire. Accusé d'homicides multiples et d'abandon du navire (il risque douze ans de prison pour ce seul délit), il se trouve en détention depuis samedi à Grosseto (centre).Selon des témoins cités par le Corriere della Sera, il a voulu "faire plaisir" au responsable des serveurs, Antonello Tievoli, originaire de l'île du Giglio en passant près de ses côtes, pour le récompenser d'avoir renoncé à une semaine de congés. "Le grand naufrage pour une petite faveur", titrait le journal, à propos de cette parade, surnommée l'"inchino" (la révérence), toutes lumières allumées et à grand renfort de sirènes pour saluer les habitants de la côte.Le patron de Costa Crociere, Pier Luigi Foschi, a affirmé que la trajectoire suivie par le commandant était "une initiative de sa volonté, contraire aux règles écrites, certifiée" par la compagnie."C'est un fait exceptionnel, imprévisible", une erreur humaine "impondérable", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au siège de la société à Gênes (centre de l'Italie), dont les drapeaux ont été mis en berne en signe de deuil.M. Foschi a en revanche pris ses distances avec les accusations d'abandon du navire. "Nous avons des témoignages internes, fiables, selon lesquels il est resté très longtemps à bord", a-t-il dit. Le défenseur du capitaine du paquebot, Me Bruno Leportetti, a de son côté affirmé que celui-ci avait effectué une "manoeuvre brillante" après l'impact sur le rocher pour "éviter que le bateau coule en haute mer". Je ne suis pas d'accord avec les charges contre lui", a déclaré l'avocat.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant