Un plan d'aide pour l'automobile avant fin juillet

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Un plan d'aide pour l'automobile avant fin juillet
Un plan d'aide pour l'automobile avant fin juillet

PARIS (Reuters) - Le gouvernement présentera avant la fin du mois un plan pour aider le secteur automobile en France à surmonter la crise actuelle, a annoncé mardi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, alors que la chute des ventes en Europe nourrit les craintes de suppressions d'emplois massives et de fermetures d'usines.

"Le gouvernement travaille et présentera au cours de ce mois un plan pour la filière automobile qui est en grande difficulté", a déclaré le chef du gouvernement dans son discours de politique générale à l'Assemblée nationale.

Quelques heures seulement avant son discours, plusieurs sources syndicales avaient expliqué à Reuters que PSA Peugeot Citroën pourrait supprimer entre 8.000 et 10.000 emplois en France cette année pour redresser ses finances.

Le groupe doit présenter la semaine prochaine un nouveau train d'économies et les syndicats craignent de voir ce plan aboutir à plus ou moins long terme à la fermeture de certaines usines, à commencer par celui d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a demandé à la direction de PSA de faire connaître au plus vite ses intentions concernant l'avenir de plusieurs de ses sites.

De son côté, Renault a annoncé jeudi dernier son intention de supprimer 300 postes en deux ans sur son site de Flins (Yvelines) et Iveco, filiale de véhicules utilitaires de l'italien Fiat, prévoit de fermer cinq usines en Europe dont celle de Chambéry (Savoie).

Parallèlement à ces mesures définitives, plusieurs constructeurs ont pris des mesures de chômage partiel pour tenter de réduire leurs stocks et de limiter l'impact de la baisse des ventes, comme en avril et mai à Rennes (Ile-et-Vilaine), chez PSA, ou à Maubeuge (Nord) chez Renault.

En France, deuxième marché automobile européen derrière l'Allemagne, la production de véhicules représente environ 600.000 emplois chez les constructeurs et les équipementiers, un chiffre qui n'inclut pas les emplois induits indirectement par le secteur.

SURCAPACITÉS

Depuis la fin des primes à la casse, les ventes de petites voitures, segment fort des constructeurs français, se sont effondrées en Europe. En France, les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 14% au premier semestre, avec une chute de 20% pour PSA.

La dégradation du marché automobile européen a conduit le mois dernier Carlos Tavares, numéro deux de Renault, à plaider pour de nouvelles incitations publiques pour soutenir les ventes.

Chez PSA, où la direction est actuellement focalisée sur la restructuration des activités industrielles du groupe, on se dit en revanche hostile à un retour des primes à la casse au motif que leur soutien n'est que de courte durée.

Selon le cabinet d'études Alix Partners, les sites automobiles français tournent actuellement à 60% seulement de leurs capacités, un rythme intenable à terme d'un point de vue financier.

Pris en tenaille entre de nouveaux concurrents venus de Corée, où le coût du travail est inférieur, et des constructeurs allemands qui trustent plus que jamais le marché du haut de gamme, les deux constructeurs français peinent à trouver leur place en France et en Europe.

Dans le cadre de son plan stratégique actuel, Renault tente de spécialiser ses sites français dans les productions à plus forte valeur ajoutée (utilitaires et électrique), tandis que PSA cherche à faire monter en gamme ses deux marques Peugeot et Citroën pour améliorer ses marges.

Tous deux estiment qu'il est de plus en plus difficile de rester compétitif en France sur le segment des petites voitures, déjà partiellement délocalisé en Europe de l'Est.

Une stratégie battue en brèche en juin par des élus de régions automobiles françaises. Dans un livre blanc, ils ont proposé un "new deal" pour enrayer le déclin de la filière en France en favorisant la production de petits modèles économes sur le sol français et en freinant l'importation des gros véhicules plus polluants.

Gilles Guillaume, édité par Marc Angrand

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  • axel1239 le mardi 3 juil 2012 à 19:48

    là j'ai très peur...

  • frk987 le mardi 3 juil 2012 à 19:35

    Au lieu de faire des plans de soutient à la c..., réduisez donc les charges des entreprises, mais ce n'est pas demain la veille que les socialos comprendront quoique ce soit à l'économie.