Un Perco pour financer sa retraite

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Ce dispositif d'épargne salariale gagne du terrain et touche désormais près de 2 millions de salariés. Mode d'emploi.

Près de 2 millions de salariés épargnent désormais pour leur retraite via leur entreprise. À la fin de l'année dernière, sur les 117,5 milliards d'euros d'épargne salariale, 12,2 milliards d'euros étaient ainsi investis sur le plan d'entreprise pour la retraite collectif, ou Perco, selon l'Association française de la gestion financière (AFG). Soit 18 % de plus qu'un an plus tôt. Qui sont les détenteurs d'épargne salariale? Généralement des hommes (59 %, alors qu'ils représentent 52 % des actifs) travaillant dans une entreprise de plus de 250 salariés (59 %) et habitant souvent en région parisienne (26 %), selon une étude réalisée par TNS Sofres pour l'Autorité des marchés financiers (AMF). Souvent cadres (29 %), leur foyer dispose d'un patrimoine financier de plus de 50.000 euros (40 %).

Avantage fiscal

Le Perco présente plusieurs avantages, notamment fiscaux. La participation et/ou la prime d'intéressement (tout ou partie) échappent en effet à l'impôt sur le revenu (mais ils restent soumis aux prélèvements sociaux). En totalité pour la participation et jusqu'à 19.308 euros en 2016 pour les primes d'intéressement. Si le salarié demande à percevoir ces sommes immédiatement, celles-ci seront imposées, dans les mêmes conditions que le salaire. Dans certaines entreprises, le dispositif permet aussi de recevoir l'abondement de son employeur, ce qui n'est pas négligeable. Pour un tiers des salariés sondés par l'AMF, c'est d'ailleurs là le seul intérêt de l'épargne salariale. Les autres (52 %) investissent dans ces dispositifs pour se constituer une épargne de long terme et seuls 29 % pensent vraiment à leur retraite, selon l'étude réalisée auprès de 1868 actifs.

Fonds débloqués pour la résidence principale

L'épargne accumulée sur le Perco tout au long de sa vie professionnelle ne peut être récupérée qu'à la retraite, sous forme de capital ou de rente viagère. Il est toutefois possible de débloquer les fonds en cas de force majeure (décès ou invalidité du salarié ou de son conjoint, surendettement, expiration des droits à l'assurance-chômage…) ou pour acheter sa résidence principale. «Il n'est pas nécessaire d'être primo-accédants pour cela. Ceux qui sont déjà propriétaires et déménagent pour acheter plus grand par exemple peuvent aussi récupérer leur épargne», précise Olivier de Fontenay, associé fondateur d'Eres, spécialiste de l'épargne entreprise.

Pour l'heure, seuls 20 % des fonds versés sur les dispositifs d'épargne salariale sont issus de l'épargne personnelle du salarié. Généralement, les montants déposés proviennent de l'abondement (51 % des cas), de l'intéressement et de la participation (61 %), et pour ceux qui le peuvent du compte épargne temps (15 %), note l'étude de l'AMF publiée en mai. «Pourtant, les frais de tenue de compte sont pris en charge par l'entreprise et les frais de gestion et les droits d'entrée des fonds sont négociés par l'employeur et sont donc moins élevés que dans le cadre d'un contrat d'assurance-vie souscrit à titre individuel», explique Olivier de Fontenay.

Pour ceux qui font le choix de la gestion pilotée, les sommes versées sur le Perco sont désormais affectées en fonction de la durée restant à courir avant l'âge de la retraite. «L'allocation de l'épargne permet de réduire progressivement les risques financiers en fonction de l'horizon d'investissement», précise Olivier de Fontenay. Un plus pour les salariés peu familiarisés avec la gestion financière.

Ceux qui pilotent eux-mêmes leur épargne privilégient les formules d'investissement (46 %), dites sans risques. Près d'un tiers de l'épargne (30 %) est placé sur des fonds monétaires, investis sur des produits de taux à court terme. «Or, les taux d'intérêt de court terme étant aujourd'hui négatifs, 90 % des sicav monétaires ont, depuis au moins deux ans, un rendement annuel négatif ou nul», note Olivier de Fontenay. Mieux vaut donc aujourd'hui se tenir à l'écart de ce type d'investissement, devenu «risqué».

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