Un pas de géant pour Galileo, le GPS européen

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UN PAS DE GÉANT POUR GALILEO, LE GPS EUROPÉEN
UN PAS DE GÉANT POUR GALILEO, LE GPS EUROPÉEN

par Jessy Xavier

KOUROU Guyane (Reuters) - Galileo, le futur système européen de navigation par satellite concurrent du GPS américain, a fait vendredi un pas de géant avec le lancement des deux premiers satellites opérationnels d'une constellation qui en comptera une trentaine à terme.

Le lanceur russe Soyouz a décollé à 12h27 GMT de son pas de tir sur la base spatiale de Kourou, en Guyane française, emportant les deux Galileo Sat 5-6 d'environ 730 kg chacun. Trois heures et 48 minutes après le décollage, les satellites ont été placés avec succès sur leur orbite.

Conçu pour rendre l'Union européenne indépendante du Global Positioning System (GPS) américain et du Glonass russe, le programme est estimé à 5,5 milliards d'euros par l'Agence spatiale européenne (ESA) et la phase de déploiement a été maintes fois repoussée.

"C'est un magnifique succès pour l'Agence spatiale européenne, pour notre client, pour la Commission européenne, ce système de navigation devient d'un coup concret, il y a quelque chose qui s'est passé", a déclaré à l'issue de la mission Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace.

"À l'avenir quand vous serez guidé dans votre voiture, vous le serez à partir d'un service européen, c'est un choix stratégique", a-t-il ajouté.

Le début de la phase opérationnelle a été préparé par le lancement en 2011 de deux satellites dans le cadre de la phase de validation, puis de deux autres en octobre 2012 pour s'assurer que l'orbite sélectionnée est la bonne, valider de nouvelles technologies ou encore réserver les fréquences.

PROJET LONGTEMPS RETARDÉ

Le positionnement par satellite est aujourd'hui incontournable dans le domaine militaire, mais aussi pour d'innombrables applications de la vie quotidienne qui devraient in fine entraîner des retombées économiques importantes.

Galileo, qui est placé sous contrôle civil, aura dans sa fonction ouverte, et donc gratuite, des applications dans le domaine des transports automobile, aérien ou maritime, ou de la téléphonie mobile.

En outre, le service commercial et le service public réglementé proposeront des prestations cryptées, le premier à des professionnels avides d'un service plus poussé moyennant une redevance, et le second pour les administrations ou secteurs sensibles comme les télécommunications ou l'énergie.

La constellation Galileo se déploiera progressivement, avec six à huit engins lancés chaque année par les fusées Soyouz et Ariane 5, l'achèvement étant prévu d'ici cinq ans, ouvrant ainsi à une commercialisation initialement annoncée dès 2010.

Les premiers services devraient être proposés à partir de la fin 2015 dès qu'une dizaine de satellites seront sur orbite.

C'est avant tout le manque de cohésion entre les Etats membres de l'UE, divisés sur leur position face au concurrent GPS, qui a entraîné des retards, certains, comme les Britanniques, ne voyant pas de raison de développer un concurrent au GPS américain.

Les Etats-Unis ont également pesé de tout leur poids pour empêcher Galileo de voir le jour.

Un partenariat public-privé a été envisagé dès les premières années du programme, en 1999, mais c'est finalement sur l'enveloppe du budget européen 2007-2013 que sera financé le projet.

La société allemande OHB system qui avait initialement hérité du contrat de construction de la série de satellite a connu des difficultés, se révélant incapable de respecter les délais, d'où plusieurs mois de retard accumulés en 2013.

Finalement, Thales Alenia Space et EADS (aujourd'hui Airbus), initialement écartés du marché, seront appelés à la rescousse.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • LeRaleur le vendredi 22 aout 2014 à 23:44

    Ou pas de bateaux, plus de fusées.

  • dupon666 le vendredi 22 aout 2014 à 22:14

    Et sans fusées russes on aurait fait comment?