Un parlement pro-occidental attendu en Ukraine

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(Actualisé avec déclarations de Porochenko et de Timochenko) par Richard Balmforth et Timothy Heritage KIEV, 26 octobre (Reuters) - Les Ukrainiens votent ce dimanche pour des élections législatives qui devraient accoucher d'un parlement favorable à un rapprochement avec l'Ouest et renforcer le président Petro Porochenko face à l'insurrection séparatiste pro-russe dans l'est du pays. Ces élections législatives anticipées, organisées par une journée froide et ensoleillée, sont les premières depuis les grandes manifestations de Maïdan, la place de Kiev qui a symbolisé la révolte de l'hiver dernier. Ce mouvement de contestation a entraîné en février le départ du président soutenu par la Russie, Viktor Ianoukovitch, et porté au pouvoir le courant favorable à un resserrement des liens avec l'Union européenne et l'Otan et à une émancipation de la tutelle russe. Dans l'est de l'Ukraine, où est née une insurrection armée pro-russe en réaction à cette "révolution de Maïdan", des militaires armés de fusils automatiques et vêtus de gilets pare-balles étaient déployés sous les couleurs jaune et bleu de l'Ukraine autour des bureaux de vote dans les secteurs toujours contrôlés par les autorités de Kiev. Aucun scrutin n'était en revanche organisé dimanche dans les zones tenues par les séparatistes pro-russes, qui prévoient d'organiser leurs propres élections dimanche prochain, le 2 novembre, ni en Crimée, annexée en mars par la Russie. En conséquence, seuls 423 des 450 sièges de la Rada, le parlement monocaméral, devraient être pourvus, les autres restant vacants. Elu en mai, Petro Porochenko s'est rendu dimanche dans une ville de la région de Donetsk pour afficher son soutien aux troupes engagées dans la lutte contre les séparatistes dans l'est du pays, où un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 5 septembre. "Tous ces gens attendent la paix et nous sommes avec eux", a-t-il dit. "Je pense que nous allons avoir un parlement absolument nouveau." Dans une allocution télévisée samedi soir, le chef de l'Etat a demandé à ses compatriotes de lui accorder une majorité parlementaire susceptible de soutenir son programme de réformes, jugé nécessaires à un rapprochement avec l'Europe et de rompre avec le passé soviétique de l'Ukraine. "Sans une telle majorité au parlement, le programme présidentiel (...) restera simplement lettre morte", a-t-il dit. LES REGARDS TOURNÉS VERS LA RUSSIE Le courant de Petro Porochenko ne devrait pas disposer à lui seul d'une majorité absolue à l'issue de ces élections panachant scrutin proportionnel de listes et scrutin uninominal majoritaire par circonscriptions. ID:nL5N0SL04X Il devrait toutefois être en mesure de bâtir une coalition avec des partenaires tels que le Front populaire de l'actuel Premier ministre Arseni Iatseniouk, la plupart des grandes formations partageant sa vision d'une Ukraine unie, tournée vers l'Europe et méfiante à l'égard de la Russie. "Cette élection est un événement très important dans nos vies. Nous avons pour la première fois une occasion unique de doter l'Ukraine d'un parlement qui la conduira vers l'Europe et vers l'Otan", a dit Oleh Liachko, chef du Parti radical et adepte de la manière forte à l'égard des séparatistes, dont le soutien pourrait être nécessaire à Petro Porochenko. Rivale du président, l'ancienne Premier ministre Ioulia Timochenko a pour sa part jugé que l'Ukraine "doit devenir un pays européen pacifique et prospère". Les formations pro-russes devraient en revanche être balayées du parlement, ce qui pourrait avoir des conséquences sur l'attitude de Moscou, qui a qualifié l'éviction de Viktor Ianoukovitch de coup d'Etat avant d'annexer la Crimée en mars puis de voir en avril l'émergence d'un mouvement sécessionniste pro-russe dans l'est de l'Ukraine. La Russie rejette les soupçons des Etats-Unis et de l'Union européenne, qui ont imposé des sanctions à son encontre en l'accusant de soutenir les séparatistes. Cette crise en Ukraine a ainsi porté les tensions entre Moscou et les capitales occidentales à des niveaux inédits depuis la Guerre froide. Elle menace aussi les approvisionnements de l'Europe en gaz russe, qui transite en partie par l'Ukraine. Les bureaux de vote fermeront à 20h00 heure locale. Des sondages sortie des urnes seront disponibles dans la foulée. Environ 2.000 observateurs internationaux, dont 800 de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), sont sur place. (Avec Pavel Polityuk et Natalia Zinets, et Thomas Grove à Volnovakha; Danielle Rouquié et Bertrand Boucey pour le service français)

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  • grinchu1 le dimanche 26 oct 2014 à 14:21

    vont vite déchanter...