Un pacte pour lutter contre les déserts médicaux

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UN DISPOSITIF INCITATIF POUR LUTTER CONTRE LES DÉSERTS MÉDICAUX
UN DISPOSITIF INCITATIF POUR LUTTER CONTRE LES DÉSERTS MÉDICAUX

PARIS (Reuters) - La ministre de la Santé Marisol Touraine a présenté jeudi un "pacte territoire santé" pour lutter contre les déserts médicaux, qui affectent des millions de personnes en France.

L'ensemble du dispositif sera incitatif, a-t-elle déclaré en détaillant son plan à Scorbé-Clairvaux, petite commune symbolique de la Vienne.

"La coercition serait injuste et inefficace", a-t-elle dit, précisant qu'elle se conformait à l'engagement de François Hollande de respecter la liberté d'installation, sacro-sainte pour les médecins libéraux.

Pour Marisol Touraine, après dix ans de laisser-faire, il n'y avait pas de "remède miracle" aux inégalités entre territoires en matière de santé et il faut agir "sur un ensemble de leviers".

La mesure la plus emblématique, déjà dévoilée puisqu'elle a été votée par le Parlement, vise à proposer l'an prochain aux jeunes médecins 200 contrats de "praticiens territoriaux de médecine générale".

Ils apporteront un complément de rémunération à ceux qui exercent dans des déserts médicaux de façon à ce qu'un jeune généraliste ne gagne pas moins de 4.600 euros par mois dans les zones concernées.

Le plan prévoit également le développement de rémunérations forfaitaires pour favoriser le regroupement de médecins infirmiers et kinésithérapeutes et le développement de la télémédecine.

SATISFECIT ET RÉSERVES

La ministre a réitéré l'engagement du gouvernement de faire en sorte que toute personne puisse accéder à un service de soins d'urgence en moins de trente minutes, d'ici 2015, sur l'ensemble du territoire.

Pour y parvenir, elle a évoqué quelques pistes comme la mise en place de médecins correspondants du SAMU ou celle de services mobiles d'urgence et de réanimation.

Marisol Touraine n'a pas voulu élargir le numerus clausus (le nombre d'étudiants en médecine acceptés chaque année), contrairement à l'option défendue par l'Association des maires de France (AMF).

"Le sujet n'est pas le nombre de médecins formés mais leur répartition sur le territoire", a-t-elle estimé.

La ministre a précisé qu'elle lancerait dans chaque département, début 2013, une concertation autour de ses propositions.

Dans un communiqué, l'association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) adresse un satisfecit au plan du gouvernement tout en émettant des réserves.

"Il n'est plus question ni de stigmatiser à outrance les professionnels de santé, ni de se ranger derrière des politiques coercitives qui ont fait la preuve de leur non-efficacité", se réjouit l'association.

Les étudiants en médecine attendent toutefois "des éléments concrets sur la mise en place effective de ces mesures (...) Il est décevant de ne voir apparaître aucune mesure à court terme dans ces propositions", estime l'ANEMF.

Gérard Bon avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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