Un otage touareg décapité par des islamistes au Mali

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BAMAKO, 24 septembre (Reuters) - Des islamistes radicaux ont décapité dans le nord du Mali un otage touareg qu'ils accusaient d'être un indicateur des forces françaises présentes dans la région, a-t-on appris mercredi de source proche des services de sécurité maliens. Les ravisseurs appartiendraient à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), déclare-t-on de même source. Quatre autres Touaregs enlevés avec lui la semaine dernière ont été quant à eux relâchés, ont déclaré des habitants du village de Zouera, à 80 km au nord de Tombouctou. La tête de l'otage exécuté a été retrouvée mardi matin sur un étal avant que le marché de Zouera ne s'anime. Le reste de son corps a été découvert sous un arbre du centre de la localité, ont déclaré des habitants. Le groupe d'hommes en armes qui a abandonné son corps a adressé un avertissement aux habitants, en jurant que ceux qui l'imiteraient - allusion à sa collaboration présumée avec les troupes françaises - connaîtraient le même sort, ont déclaré des témoins. "Mon neveu a été décapité et exposé comme une carcasse de mouton, sur le marché", a dit à Reuters l'oncle de la victime. Un groupe d'hommes fortement armés, circulant à bord de pick-up, avaient enlevé la semaine dernière les cinq Touaregs, parmi lesquels un ancien de la tribu Kel Ansar. Depuis l'intervention militaire des forces françaises début 2013 dans le nord du Mali, de petits groupes de djihadistes restent actifs dans le désert et leurs attaques se sont intensifiées ces dernières semaines contre les hommes de la Minusma, la mission des Nations unies au Mali. Dix casques bleus tchadiens ont été tués depuis le début du mois, et le gouvernement de N'Djamena a accusé l'Onu de se servir de ses soldats déployés au Mali comme de "boucliers" protégeant les autres contingents plus en retrait. "A l'exception de Tombouctou et de Gao, l'Etat malien n'est pas présent dans le Nord. Si vous regardez les chiffres et le nombre de morts, vous verrez que les Nations unies paient là un lourd tribut", a déclaré un diplomate en poste à Bamako. "Les gens sont très inquiets, surtout si les Tchadiens changent d'avis et décident que ça suffit comme ça". (Cheik Diarra; Eric Faye pour le service français)

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