Un octogénaire inculpé en Allemagne pour le massacre d'Oradour

le
1
UN OCTOGÉNAIRE INCULPÉ EN ALLEMAGNE POUR LE MASSACRE D'ORADOUR
UN OCTOGÉNAIRE INCULPÉ EN ALLEMAGNE POUR LE MASSACRE D'ORADOUR

BERLIN (Reuters) - Un ancien membre des Waffen SS âgé de 88 ans a été inculpé mercredi en Allemagne pour le massacre d'Oradour-sur-Glane.

Le 10 juin 1944, les membres d'un détachement de la division Das Reich tuèrent 642 habitants de ce village de Haute-Vienne, quatre jours après le débarquement de Normandie.

Rassemblés dans les granges, les hommes furent fusillés, tandis que femmes et enfants périrent dans l'église incendiées.

"Le parquet inculpe un retraité de Cologne âgé de 88 ans pour avoir (participé) à la destruction d'Oradour-sur-Glane, en France. Lui et un autre tireur auraient tué 25 hommes à la mitrailleuse dans une grange. Il aurait également participé à l'incendie du village", a déclaré Achim Hengstenberg, porte-parole du parquet.

L'identité du suspect, qui était âgé de 19 ans au moment des faits, n'a pas été révélée. Le tribunal de Cologne chargé de l'affaire doit désormais décider s'il doit où non être jugé.

Son avocat a assuré qu'il n'avait pas tiré un seul coup de feu à Oradour et qu'il avait même tenté de sauver quelques habitants.

"Il aurait pu tirer. Cependant, il dit: 'J'ai eu la grande chance d'avoir été affecté à autre chose'", a expliqué Me Rainer Pohlsen.

"Il dit: 'J'ai entendu des tirs, j'ai vu des gens crier, j'ai vu le village brûler. C'était terrible. C'était absolument horrible. Mais je n'ai personnellement été impliqué dans aucun de ces actes'", a-t-il ajouté.

Sur les 642 victimes, 207 étaient des enfants, dont le plus jeune avait un mois et demi. Seuls six habitants d'Oradour - cinq hommes et une femme - ont échappé au massacre.

"C'est quelque chose d'important qu'on retrouve quelqu'un, même 70 ans après", s'est félicité Robert Hébras, l'un des six rescapés et auteur du livre "Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure".

"Pourquoi il était là et quel est son état d'esprit. Est-ce qu'il l'a fait à contrecoeur ou avec satisfaction ? J'attends peut-être que ce monsieur s'excuse, qu'il ait des regrets", a-t-il ajouté sur BFM-TV.

Sarah Marsh et Andreas Kranz, avec Gérard Bon et Jean-Philippe Lefief à Paris

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • olyve54 le jeudi 9 jan 2014 à 06:01

    70 ans après on va poursuivre un type qui, entrainé dans le tourbillon infernal de la guerre a participé à un massacre dont nul ne peut prouver si ce qu il raconte aujourd hui est vrai ou pas! quel intérêt? si des procès avaient pu rendre justice aux victimes, pourquoi attendre autant de temps?