Un nouvel étiquetage pour comparer la qualité des aliments

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La ministre de la Santé, qui a présenté aujourd'hui les orientations de sa loi Santé, veut instaurer un nouveau code plus clair sur les emballages. Par exemple un logo vert pour les produits les plus sains et rouge pour ceux dont la qualité nutritionnelle est la moins bonne.

Quelle pizza est la plus grasse? Quel paquet de céréales apporte le plus de nutriments? La ministre de la Santé, Marisol Touraine, souhaite instaurer un code, inscrit sur le paquet des aliments, qui permette aux consommateur de comparer la valeur nutritionnelle de différents produits entre eux, et d'orienter leurs achats en conséquence. «L'étiquetage des aliments n'est pour l'instant pas compréhensible, explique-t-on dans l'entourage de la ministre. Il faut définir un système clair et uniforme». Les fabricants n'ont pour l'instant l'obligation que d'indiquer sur leur emballage la composition du produit et la quantité de chaque ingrédient. Autant d'informations insuffisamment lisibles pour le consommateur.

La ministre, qui a présenté cette mesure dans le cadre des orientations de sa loi santé ce matin, s'est inspirée du rapport remis en novembre au gouvernement par le nutritionniste Serge Hercberg. Le médecin constate que l'instauration d'un code, couleur par exemple, comme au Royaume-Uni, distinguant les produits entre eux selon leur valeur nutritionnelle, peut réellement influencer le choix du consommateur, à condition que ce code soit placé sur la face avant du paquet, qu'il soit uniforme et qu'il soit clair. Il présente aussi l'avantage d'encourager les fabricants à mettre sur le marché des produits plus sains, puisque leurs efforts seront visibles aux yeux du consommateur.

Feu vert

Concrètement, Serge Hercberg préconise d'attribuer à chaque aliment un score nutritionnel, représenté par une lettre, un logo ou une couleur. Par exemple un logo vert pour les produits les plus sains et rouge pour ceux dont la qualité nutritionnelle est la moins bonne. Le Royaume-Uni a mis en place il y a plusieurs années un tel système, sous la forme de feux: feu vert pour les aliments les plus sains, feu rouges pour les plus gras et les plus sucrés. L'étiquetage préconisé par le rapport permettrait à la fois de comparer des produits de famille différente entre eux - par exemple de la charcuterie avec des haricots verts ou encore des céréales au chocolat et du muesli - et des produits de la même famille, comme deux paquets de céréales de marque différente.

La ministre n'a pas précisé à ce jour quel type d'étiquetage serait mis en oeuvre, ni s'il serait obligatoire. Serge Hercberg souligne qu'un système contraignant, qui s'imposerait à tous les fabricants, serait «nécessaire sur le plan de l'intérêt de la santé publique». Mais il reconnaît qu'il «risque de se heurter dans un premier temps aux règlements européens en cours». Dans l'entourage de la ministre, on souligne que des entreprises sont déjà prêtes à mettre en oeuvre cet étiquetage. L'Association nationale des industries alimentaires (ANIA), qui craint de voir certains produits discriminés, y est pourtant farouchement opposée. Au Royaume-Uni, qui a mis en oeuvre l'étiquetage sur la base du volontariat, seule une partie des fabricants acceptent d'indiquer le score nutritionnel de leurs produits.

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