Un nouveau traité européen possible fin 2016 pour Sarkozy-presse

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    PARIS, 26 juin (Reuters) - Nicolas Sarkozy, partisan de 
longue date d'un nouveau traité pour refonder l'Europe, estime 
qu'un tel texte peut être élaboré d'ici la fin de l'année et 
adopte une position moins tranchée sur un éventuel référendum 
sur le sujet, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche.  
    Qualifiant de "choc qui ouvre une crise historique" la 
décision des Britanniques de quitter l'Union européenne lors du 
scrutin de jeudi, l'ancien chef de l'Etat souligne que l'Europe 
doit maintenant "agir vite et fort". 
    Selon lui, "nous pouvons - car il faut aller vite - avoir un 
nouveau traité dès la fin de l'année".  
    Reçu samedi par François Hollande à l'Elysée en tant que 
président du parti Les Républicains (LR), Nicolas Sarkozy avait 
déjà réitéré sa proposition d'un nouveau traité européen 
s'articulant autour de cinq axes: Europe des frontières, 
gouvernement économique, subsidiarité, fin de la prééminence de 
la Commission européenne et suspension du processus 
d'élargissement jusqu'à nouvel ordre.    
    Jusqu'ici fermement opposé à l'hypothèse d'un référendum sur 
les questions européennes, l'ancien président et probable futur 
candidat à la primaire de la droite pour 2017 semble ne plus 
exclure totalement cette éventualité. 
    Une fois ce nouveau traité élaboré, "chaque pays choisira 
(...) la façon de l'adopter. On n'a jamais tort de s'adresser au 
peuple souverain", indique-t-il dans les colonnes du journal 
dominical. 
    "Mais référendum ou pas, la priorité, c'est d'apporter des 
réponses aux attentes très concrètes des Européens sur le 
fonctionnement de l'Union. L'urgence est sur le fond, 
contrairement à ce que dit Marine Le Pen, pas sur les modalités 
de vote", poursuit-il. 
    Le président de LR semble ainsi se rapprocher des positions 
adoptées ces derniers jours par les prétendants à l'investiture 
présidentielle à droite.   
    La proposition d'une consultation sur la réorientation du 
projet européen, jusqu'ici proposée par Bruno Le Maire, est 
également soutenue désormais par Alain Juppé et François Fillon. 
     
    Tous excluent cependant l'hypothèse d'un référendum sur le 
modèle britannique posant la question d'une sortie de la France 
de l'Union européenne comme le souhaite la présidente du Front 
national Marine Le Pen.  
    François Hollande lui a opposé une fin de non recevoir 
lorsqu'il l'a reçue dans l'après-midi à l'Elysée.  
    Dans le sillage de la décision du Royaume-Uni de quitter 
l'Union européenne, le président de la République a souligné la 
nécessité de relancer l'Europe mais n'a pas évoqué la question 
d'une éventuelle consultation en France.  
    Son ministre de l'Economie s'est en revanche prononcé samedi 
pour l'élaboration d'un nouveau projet européen, qui devrait 
selon lui faire l'objet d'un référendum à l'échelle des 27 et 
non pays par pays.   
    Cette question pourrait engendrer de nouvelles tensions 
entre l'initiateur du mouvement transpartisan "En Marche !" et 
le parti socialiste, qui s'était déchiré en 2005 autour du 
référendum sur le projet avorté de Constitution européenne.  
 
 (Myriam Rivet, édité par Eric Faye) 
 
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