Un nouveau recul de 10% du yuan pourrait perturber les marchés

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    LONDRES, 17 décembre (Reuters) - Parmi les risques pesant 
sur les marchés financiers mondiaux l'année prochaine, certains 
intervenants commencent à évoquer un recul plus marqué que prévu 
du yuan, la devise chinoise.  
    Dans les nombreuses notes prospectives publiées ces derniers 
mois, la plupart des grandes banques prévoient une baisse de 5 à 
7% de la devise contrôlée par Pékin sur les 12 mois à venir.  
    Mais certaines d'entre elles estiment que la volonté de la 
Chine de soutenir ses exportations et sa compétitivité dans un 
contexte de ralentissement de sa croissance, ou encore le 
souhait des épargnants chinois de sortir davantage d'argent du 
pays, pourraient facilement provoquer une dépréciation plus 
rapide du yuan, pouvant aller jusqu'à 10%, voire plus.  
    Une telle dépréciation aurait tendance provoquerait une 
accélération des sorties d'argent du pays et des investissements 
liés à la Chine, ce qui pèserait sur les devises de Corée du 
Sud, Malaisie ou Taiwan et pourrait remettre en cause la 
viabilité de la croissance chinoise, si vitale pour l'ensemble 
de la planète. 
    "Le risque est que la dépréciation du yuan devienne moins 
ordonnée", souligne Vincent Chaigneau, responsable de la 
stratégie des taux et devises chez Société générale à Londres.  
    "Une baisse à 6,80 sur l'année à venir me semblerait 
ordonnée. Si c'est la cas sur trois mois, cela le serait moins." 
    Le yuan se traite actuellement autour de 6,47 pour un dollar 
 CNY= . 
    Ce qui peut arriver en cas de forte baisse de la valeur du 
yuan s'est vu le 11 août dernier, quand Pékin a procédé à une 
dévaluation surprise de 3% d'un seul coup de sa devise. Les 
marchés mondiaux ont frémi et moins de deux semaines plus tard, 
Wall Street accusait sa plus forte baisse en quatre ans. 
    Les données du réseau bancaire Swift montrent que le yuan 
est la quatrième devise la plus utilisée pour les paiements 
internationaux et les deux grandes plates-formes de trading 
entre banques, Thomson Reuters et EBS, détenue par ICAP, disent 
qu'il figure parmi leur cinq premières devises de trading.  
    Parmi les six grandes banques sur le marché des changes, 
Barclays prévoit un yuan à 6,90 à un horizon de 12 mois, les 
spécialistes de la Chine HSBC, Deutsche Bank et JP Morgan le 
voient toutes à 6,70, Citi dit 6,69 et UBS 6,80 pour un dollar. 
    "Les Chinois dévaluent déjà. Les sorties de capitaux ont 
probablement été plus importantes en décembre", dit Nikolaos 
Panigirtzoglou, responsable de la stratégie chez JP Morgan. 
Selon ses calculs, 30 à 40 milliards de dollars (27-37 milliards 
d'euros) par mois sortiront de Chine dans l'année à venir. 
    La plupart des banquiers estiment toutefois que Pékin 
gardera la maîtrise du yuan et ne dévaluera que progressivement 
dans la crainte de pousser à la faillite certaines des 
entreprises chinoises qui ont emprunté massivement en dollars. 
    Tandis que Pékin ouvre progressivement la porte à l'afflux 
d'argent occidental sur ses marchés d'actions et d'obligations, 
on aura également pu constater cette année que la Chine est 
prête à faire ce qu'il faut empêcher les milliers de milliards 
de yuans d'épargne de partir à l'étranger. 
 
 (Patrick Graham et Jamie McGeever, Juliette Rouillon pour le 
service français, édité par Benoît Van Overstraeten) 
 

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