Un nouveau président extérieur à l'élite intronisé en Indonésie

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par Eveline Danubrata et Gayatri Suroyo DJAKARTA, 20 octobre (Reuters) - Joko Widodo a officiellement pris lundi ses fonctions de président de l'Indonésie, devenant ainsi le premier chef d'Etat de la troisième plus grande démocratie du monde à ne pas être issu de l'élite politique et militaire indonésienne. A 53 ans, cet ancien homme d'affaires de province ayant fait fortune dans l'ameublement a été maire de Solo puis gouverneur de Djakarta, la capitale, avant d'être élu en juillet face à l'ex-général Prabowo Subianto, qui a contesté sa défaite jusque devant la Cour constitutionnelle. Sans expérience nationale ni internationale, il se trouve déjà en bute aux résistances de l'élite traditionnelle en raison de sa volonté de transparence dans sa conduite des affaires du pays. Il est ainsi confronté à une majorité hostile au parlement, son refus d'échanger des soutiens contre des postes gouvernementaux ayant conduit des partis non-alignés dans l'opposition. "Le temps est venu d'unir nos coeurs et nos mains, le temps est venu (...) de bâtir une Indonésie jouissant d'une souveraineté politique, d'une indépendance économique et d'une identité culturelle", a déclaré Joko Widodo, surnommé "Jokowi", lors de sa prestation de serment en présence de nombreux dignitaires étrangers, dont le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Le nouveau président a consacré une grande partie de son discours d'investiture à son projet de faire de l'Indonésie, archipel étendu de quelque 13.500 îles, une puissance maritime. "Pendant trop longtemps, nous avons tourné le dos à l'océan, aux détroits et aux baies. Le temps est venu d'y retourner pour prospérer comme nos ancêtres." Joko Widodo s'est notamment engagé à développer les ports de l'archipel mais il doit encore préciser l'origine des fonds nécessaires à cet ambitieux projet. Puissance émergente, l'Indonésie est confrontée à un ralentissement économique qui pèse sur ses revenus fiscaux. Joko Widodo devrait ainsi connaître rapidement son premier test avec une probable diminution des généreuses subventions sur les carburants pour éviter d'atteindre d'ici deux semaines le plafond légal fixé au déficit budgétaire. Il effectuera en novembre ses premiers pas sur la scène internationale lors d'un sommet Asie-Pacifique à Pékin et un sommet du G20 en Australie. (Bertrand Boucey pour le service français)

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