Un nouveau front s'ouvre au Yémen, où le péril humanitaire croît

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ADEN, Yémen, 16 avril (Reuters) - De violents affrontements ont éclaté jeudi à Taëz, la troisième ville du Yémen située entre la capitale, Sanaa, et Aden, le grand port du Sud, rapportent des témoins. D'après des habitants, ils opposent d'une part les miliciens chiites Houthis et leurs alliés au sein de l'armée yéménite et d'autre part des milices tribales et une brigade de l'armée restée fidèle au président Abd-Rabbou Mansour Hadi. Ces combats ouvrent une nouvelle ligne de front pour les Houthis, dont la progression se heurte désormais à de vives résistances dans plusieurs régions du sud du pays. Ils semblent également indiquer que le soutien dont ils bénéficiaient dans l'armée, via l'influence de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, est peut-être en train de s'estomper. A Ryad, le vice-président yéménite Khaled Bahah a lancé un appel aux forces armées yéménites, les exhortant à se rallier au gouvernement "légitime" du Yémen désormais en exil en Arabie saoudite. "En ce moment historique, nous adressons notre appel à tous les fils des forces armées et des forces de sécurité pour qu'ils agissent au nom de l'Etat légitime", a-t-il dit. Les Houthis, qui tiennent la capitale, Sanaa, depuis septembre dernier, doivent en outre faire face aux bombardements aériens menés par l'Arabie saoudite et ses alliés arabes sunnites. L'offensive a été déclenchée le 26 mars alors que les miliciens chiites semblaient sur le point de prendre Aden. Trois semaines après l'aggravation des combats et les premiers bombardements de la coalition saoudienne, la situation humanitaire empire au Yémen où les pénuries de farine, les fermetures de magasins et les ruptures des chaînes de distribution de vivres menacent la population. D'après le Programme alimentaire mondial des Nations unies (Pam), près de la moitié des habitants du pays sont désormais en état d'"insécurité alimentaire", soit 12 millions environ de personnes. La situation est particulièrement préoccupante dans les régions du Sud, précise le Pam qui fait état d'une augmentation de près de 40% des prix de la farine de blé. Le Yémen importe près de 90% de son alimentation de base, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux difficultés d'approvisionnement. "Nous avons du mal à atteindre les populations du fait de la détérioration de la sécurité", note Purnima Kashyap, porte-parole du Pam, dans un communiqué. Depuis que les Houthis ont pris Sanaa, en septembre, les Nations unies estiment que le conflit a fait 600 morts et 2.200 blessés et déplacé 100.000 personnes. (Mohammed Ghobari avec Angus McDowall à Ryad et Joseph D'Urso à Londres; Henri-Pierre André pour le service français)

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