Un nouveau chef taliban, report des discussions de paix

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(Actualisé avec précisions, nouveau lead) par Jibran Ahmad PESHAWAR, Pakistan, 30 juillet (Reuters) - L'adjoint du mollah Omar, Akhtar Mohammad Mansour, a été élu nouveau chef suprême des taliban, a-t-on appris jeudi auprès de deux commandants afghans, tandis qu'une nouvelle session de négociations de paix, prévue vendredi entre les insurgés et le gouvernement afghan, était reportée. En annonçant ce report, le Pakistan a mis en avant le communiqué publié à Kaboul mercredi pour annoncer la mort du mollah Omar, qui remonterait à deux ans, et les tensions que cela pourrait engendrer autour de sa succession. La nomination de son successeur a été décidée mercredi soir lors d'une réunion (choura) des plus hauts dirigeants du mouvement à Quetta au Pakistan, où beaucoup d'entre eux sont basés. "La choura tenue dans les environs de Quetta a élu à l'unanimité le mollah Mansour comme le nouvel émir des taliban", a déclaré un commandant qui a assisté à la réunion. Il a précisé que la choura allait publier un communiqué "sous peu". Le mollah Mansour aura pour adjoint Siraj Haqqani, chef du puissant réseau Haqqani, ont ajouté les deux commandants. Le mollah Mansour ne sera que le deuxième chef des taliban depuis le mollah Omar, qui a fondé le mouvement fondamentaliste musulman dans les années 90. Le gouvernement afghan a annoncé mercredi que le mollah Omar était mort il y a plus de deux ans dans un hôpital de Karachi au Pakistan. Le mollah Omar n'a plus été vu en public depuis la fin 2001, juste après le début de l'intervention militaire américaine en Afghanistan, qui a chassé les taliban du pouvoir. "PAS AU COURANT" Le porte-parole des taliban Zabihullah Mujahid a confirmé jeudi la mort du mollah Omar, bien que son communiqué suggère que le décès est récent. "(Omar) souffrait depuis un moment d'un genre de maladie et, ces deux dernières semaines, cela s'est aggravé et, en raison de cette maladie, il est décédé", a déclaré Zabihullah Mujahid, appelant les commandants du mouvement à prier pour lui. Le communiqué n'évoque pas sa succession. Les autorités pakistanaises ne semblaient pas jeudi en mesure de confirmer la mort du mollah Omar. "Nous sommes au courant des informations et essayons d'en confirmer les éléments", a déclaré un porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères. Les deux commandants taliban n'ont pas directement confirmé la mort du mollah Omar, mais l'un d'eux a déclaré : "Si nous sommes en train d'élire un nouveau chef pour diriger le mouvement, vous pouvez" vous-mêmes comprendre ce que cela implique." Dans un communiqué publié jeudi matin, le porte-parole officiel des taliban a déclaré jeudi que son équipe officielle de négociateurs basée à Doha au Qatar n'était "pas au courant" de ce processus au Pakistan. Puis, dans la journée, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a déclaré que la deuxième série de négociations prévue pour vendredi serait reportée à la demande de la direction talibane. Les deux parties ont tenu une session inaugurale ce mois-ci au Pakistan. La nomination du mollah Mansour ne devrait pas satisfaire l'ensemble du mouvement taliban. D'importants commandants sur le terrain ont critiqué le processus de paix et dit vouloir combattre pour revenir au pouvoir plutôt que de négocier. Plusieurs ont quitté le mouvement pour s'engager aux côtés du groupe Etat islamique (EI) au Proche-Orient. Ils ont parfois même été jusqu'à viser leurs anciens collèges taliban. Sur le terrain, les insurgés ont enregistré un nouveau succès en s'emparant mercredi de Now Zad, un district de la province du Helmand dans le sud du pays que les troupes américaines et britanniques ont tenté de sécuriser pendant des années, avant leur retrait du pays à la fin de l'année dernière. ID:nL5N10A0YZ Après la bataille, les corps de taliban et de membres des forces de sécurité jonchent les rues, ont raconté des habitants de la région, contactés par téléphone. (avec Abdul Malik à Lashkar Gah et Mirwais Harooni et Jessica Donati à Kaboul; Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Eric Faye)

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