Un "mur des cons" syndical fait hurler la droite

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UN "MUR DES CONS" SYNDICAL FAIT HURLER LA DROITE
UN "MUR DES CONS" SYNDICAL FAIT HURLER LA DROITE

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - L'opposition dénonce mercredi un "scandale absolu" et demande au gouvernement de réagir après la découverte d'un "mur des cons" orné de photos de personnalités de droite dans les locaux du Syndicat de la magistrature, classé à gauche.

Jean-François Copé a réclamé à la ministre de la Justice l'ouverture d'une enquête.

"C'est indigne, c'est un scandale absolu", a dit le président de l'UMP dans le cadre de l'émission Questions d'Info sur LCP-France Info-Le Monde-AFP. "Le gouvernement ne peut pas rester silencieux."

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, a écrit à François Hollande pour demander la saisine du Conseil supérieur de la magistrature sur ce qui constitue à ses yeux "une injure publique, une menace et vraisemblablement une violation du serment des magistrats".

Le député UMP Bernard Accoyer, ancien président de l'Assemblée, a déposé mercredi, une proposition de loi "visant à garantir l'impartialité des magistrats".

Cette proposition de loi, explique-t-il dans un communiqué, "permettra d'élargir les motifs de récusation d'un juge dans le cas où les décisions d'un magistrat, ou de l'organisation professionnelle à laquelle il appartient, a pris une position politique pouvant faire suspecter son impartialité".

Interrogée sur ce "mur des cons", dont l'existence a été révélée mardi par le site atlantico.fr et confirmée mercredi par le Syndicat de la magistrature, Christiane Taubira a dit trouver cette action "malheureuse".

"Il est inadmissible que des personnes soient mises en cause individuellement", a dit la ministre de la Justice lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"Les personnes qui sont mises en cause peuvent saisir la justice, aucune entrave ne sera faite aux procédures qui seraient conduites par ces personnes", a-t-elle ajouté, appelant toutefois à ne pas confondre un syndicat et toute la magistrature.

"LOCAL SYNDICAL PRIVÉ"

Le député UMP Etienne Blanc, dont la photo apparaît sur le mur en question, a indiqué avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile pour diffamation auprès du doyen des juges d'instruction.

Il a précisé avoir demandé au juge de faire une perquisition au siège du Syndicat de la magistrature, "en vue d'y saisir tous les documents qui pourraient caractériser une hostilité à mon égard".

Le Syndicat de la magistrature a expliqué mercredi que ce mur, présent dans un "local syndical privé", n'avait pas vocation à être rendu public.

"Ce que nous regrettons, c'est qu'il y ait un amalgame entre cet affichage, qui n'est rien d'autre qu'un mouvement d'humeur à un moment donné, et les combats que nous menons", a dit à Reuters Sophie Combes, secrétaire nationale du syndicat.

"À un moment où le gouvernement de gauche est en difficulté, il n'est pas étonnant qu'un site de droite s'attaque à un syndicat de gauche", a-t-elle poursuivi, y voyant un "travail de décrédibilisation".

Ce "mur des cons" a été installé dans le local du syndicat sous la précédente majorité, "à une époque où les magistrats étaient très critiqués", a expliqué Sophie Combes.

Des personnalités de droite y figurent effectivement, pas tant du fait de leur appartenance politique que de leurs propos parfois "démagogiques" sur la justice, a-t-elle dit.

REMISE EN CAUSE DU SYNDICALISME DES MAGISTRATS

Les images diffusées par atlantico.fr et qui montrent ce mur "nous ont été volées par un journaliste venu nous interviewer", a ajouté cette représentante du syndicat.

Le site d'informations dit avoir obtenu cette vidéo d'un juge "apolitique et non syndiqué".

La présidente du Front national, Marine Le Pen, qui voit dans cette affaire un "scandale d'Etat", a réaffirmé l'opposition de son parti à l'affiliation syndicale des juges.

"Un magistrat est impartial, par conséquent il n'y a aucune raison pour qu'il appartienne à un syndicat", a-t-elle dit en marge d'un déplacement en Indre-et-Loire. "Je réclame maintenant que la transparence la plus totale soit faite sur l'appartenance syndicale de tous les magistrats de France."

Dans un communiqué diffusé mercredi après-midi, le Syndicat de la magistrature, qui qualifie son "mur des cons" d'"exutoire politique, inoffensif et symptomatique" a rétorqué qu'il ne se laisserait pas "impressionner par tous ceux qui en profitent bassement aujourd'hui pour remettre en cause l'existence même du syndicalisme judiciaire."

Mais de nombreux magistrats, "outrés" par l'existence de ce mur, se disent inquiets quant à l'effet de cette révélation sur l'image de leur profession et des syndicats de juges.

"C'est une dérive par un bureau qui n'est pas représentative des magistrats", a dit à Reuters Virginie Duval, secrétaire générale de l'Union syndicale des magistrats, majoritaire.

"Ça nous inquiète. Ce n'est pas le moment de donner du grain à moudre" à ceux qui veulent discréditer la justice, a-t-elle ajouté, indiquant que certains anciens membres de l'USM étaient eux aussi présents sur le "mur des cons" dressé par le Syndicat de la magistrature.

Avec Jean-Baptiste Vey, Emile Picy, et Mourad Guichard à Tours, édité par Patrick Vignal

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  • M5441845 le mercredi 24 avr 2013 à 21:55

    On imagine ensuite l'honnêteté et l'objectivité de ces juges lorsqu'il s'agit de juger des hommes (ou femme) politique de droite (ou de gauche). Bravo messieurs et mesdames les juges, vous avez fait très fort. Remarquez, en voyant Eva Joly, j'avais déjà quelques doutes.

  • baljo le mercredi 24 avr 2013 à 21:48

    Et rire la gauche.

  • chatnour le mercredi 24 avr 2013 à 20:50

    No comment ! : https://twitter.com/nana75019/status/327117447083749376/photo/1