Un mort et 6 blessés dans deux attaques à Copenhague

le
0

(Répétition sans changement) par Sabina Zawadzki et Ole Mikkelsen COPENHAGUE, 15 février (Reuters) - Un homme a été tué et six personnes dont cinq policiers ont été blessées samedi et dimanche à quelques heures d'intervalle à Copenhague dans deux attaques visant un centre culturel et une synagogue, rapportent les autorités danoises. Dans un scénario rappelant les attaques de Paris et Montrouge les 7, 8 et 9 janvier derniers, qui ont fait 17 morts, une vaste chasse à l'homme a été lancée par la police pour retrouver le ou les auteurs de ces fusillades, entre lesquelles aucun lien n'a été formellement établi dans l'immédiat par les enquêteurs. La première attaque, qualifiée d'attentat terroriste par le gouvernement, a fait un mort et trois blessés (trois policiers)dans le centre culturel Krudttonden d'Ostebro, un faubourg nord de la ville, où un débat était organisé en présence de Lars Vilks, un artiste suédois menacé de mort pour avoir publié des dessins représentant le prophète de l'islam Mahomet. Le tireur a pris la fuite dans une voiture qui a été retrouvée plus tard dans la banlieue de la capitale et le pays a été placé en état d'alerte renforcée. Quelques heures plus tard, en début de nuit, une synagogue a été la cible de tirs dans le centre de la capitale danoise. Une personne a été touchée d'une balle dans la tête et deux policiers ont également été blessés, a déclaré la police sans pouvoir donner plus de détails sur leur état de santé. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied et la station de métro de Norreport a été évacuée. Dans la nuit, des hélicoptères survolaient le centre de Copenhague sillonné par les forces de l'ordre. "ART, BLASPHÈME ET LIBERTÉ D'EXPRESSION" Au sujet de la première attaque, Helle Thorning-Schmidt, chef du gouvernement danois, a estimé qu'il s'agissait clairement "d'une attaque aux motivations politiques et donc d'un acte terroriste". Selon la police, l'attentat visait directement Lars Vilks. La fusillade s'est produite alors que se tenait une conférence sur "l'art, le blasphème et la liberté d'expression". La police a parlé tout d'abord de deux suspects mais, après avoir interrogé divers témoins, elle a dit penser qu'un seul agresseur avait agi. Elle a diffusé la photo d'un homme portant une cagoule. L'ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray, était présent et venait d'ouvrir la conférence en félicitant le Danemark pour son soutien après l'attentat contre Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts. La militante des Femen Inna Chevtchenko lui a succédé au micro lorsque les tirs ont éclaté. "Alors qu'elle parlait, on a tous entendu un grand bruit", a raconté François Zimeray au Journal du Dimanche. "Je me suis dit qu'une armoire venait de tomber ou qu'il s'agissait d'un pétard. Mais non, c'était bien des coups de feu répétés. J'étais incrédule, ça ne pouvait tout de même pas recommencer comme à Paris. Mais en quelques secondes, j'ai réalisé qu'on était en train de revivre la même chose qu'à Charlie Hebdo." "C'était terrible. Nous étions tous par terre en train de ramper vers la sortie de secours pendant que ça continuait de tirer à travers la porte. Beaucoup. La police parle de 200 impacts de balle. Ce n'est qu'en revenant dans la salle que j'ai vu qu'il y avait un mort." CAZENEUVE ATTENDU À COPENHAGUE Les télévisions ont montré les nombreux impacts de balles sur les baies vitrées du centre culturel. "Les gardiens criaient 'sortez tous!' et nous étions poussés hors de la salle", a raconté Helle Merete Brix, organisatrice du débat. L'homme tué dans la fusillade avait une quarantaine d'années, a déclaré la police. Selon des témoins, le ou les agresseurs ont tenté de pénétrer à l'intérieur de la salle où se tenait la conférence mais les policiers ont riposté. "Deux policiers en tenue et au moins un autre en civil gardaient le bâtiment dont un avec un détecteur de métaux. Ce sont eux qui nous ont protégés et c'est un miracle qu'il n'y ait pas eu plus de victimes", a déclaré François Zimeray. Lars Vilks, lui, était accompagné par ses gardes du corps suédois, ayant reçu des menaces de mort ces dernières années. Cet artiste a suscité la controverse en 2007 par des dessins représentant le prophète Mahomet sous les traits d'un chien. Des menaces avaient été proférées par des groupes islamistes. Lars Vilks a depuis reçu de nombreuses menaces de mort et vit sous protection policière constante depuis 2010. Il y a deux ans, une Américaine disant s'appeler Jihad Jane a été condamnée à dix ans de prison pour avoir tenté de l'assassiner. Un journal danois, Jyllands-Posten, a quant à lui publié en 2005 des caricatures de plusieurs dessinateurs représentant Mahomet, ce qui a provoqué des émeutes dans le monde musulman, dans lesquelles au moins 50 personnes ont trouvé la mort. La France a condamné l'"attaque terroriste" de Copenhague et annoncé que le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve se rendrait à Copenhague "dans les meilleurs délais". (Danielle Rouquié, Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant