« Un mois d'octobre fidèle à sa réputation mais une année boursière qui pourrait bien finir » (Sébastien Faijean)

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L'indice Cac Mid&Small a joué les montagnes russes et touché la semaine passée un point bas proche de 8.000 points.
L'indice Cac Mid&Small a joué les montagnes russes et touché la semaine passée un point bas proche de 8.000 points.

Les valeurs moyennes n'ont pas retrouvé leurs niveaux de marges d'avant la crise. Mais elles pourraient retrouver de l'attrait dans un marché redevenu très volatil estime  Sébastien Faijean, directeur associé d'IDMidcaps et membre du Cercle des analystes indépendants

Pour ceux qui en doutaient encore : le retournement ce n'est vraiment pas maintenant et que pour les marchés, octobre s'annonce fidèle à sa réputation c'est-à-dire terrible. La période de publications des sociétés pour le 1er semestre a touché à sa fin et désormais nous commençons celles du 3ème trimestre qui pour le moment se déroule plutôt mieux. Si le bilan n'est pas désespérant pour les résultats semestriels il est loin d'être positif. Sur plus de 230 valeurs que nous monitorons dans des secteurs très variés allant de l'Internet aux biens d'équipement, l'analyse des résultats semestriels fait apparaître que le « call macro » que tout le monde espérait ne s'est pas matérialisé au 1er semestre.

Nous avons donc poursuivi une séquence de révisions en baisse de nos prévisions pour 2014e et 2015e. Le premier constant est que l'échantillon de chiffre d'affaires agrégé des sociétés a baissé de 0,7% au T2 dans la lignée des trimestres précédents. Il faut souligner que cette décroissance s'est faite dans un environnement particulièrement négatif du point des changes ce qui pour des sociétés exportatrices a été très pénalisant (impact négatif de plus  1 point sur le niveau d'activité du S1).

Mais le plus inquiétant reste la lente et inexorable détérioration des marges des entreprises cotées qui ne parviennent pas à redresser la barre depuis la crise malgré des efforts très importants d'optimisation de leur structure du coût. Quelques chiffres pour illustrer cet état de fait : en 2007, sur un échantillon de 222 entreprises tout secteur confondu (hors financière et holding) mais appartenant au segment des valeurs moyennes (indice CAC Mid & Small et Alternext), la marge opérationnelle agrégée ressortait à 8,6% (7,8% en moyenne). En 2013, sur un échantillon de 231 sociétés, ce même agrégat est tombé à 6,4% (5,3% en moyenne). En termes de volumes de chiffre d'affaires, ces entreprises ont vu leur niveaux d'activité augmenter de 29% sur la période à 222Md€ ce qui prend en compte des fusions & acquisitions et des introductions en Bourse puisque l'échantillon n'est pas à « isopérimètre ».

A la lumière des publications semestrielles et des nouvelles macroéconomiques mauvaises en Europe (notamment la production industrielle en Allemagne qui a véritablement mis le feu aux poudres),  les investisseurs ont réagi et violemment aboutissant à un « flash Krach » et un retour en force de la volatilité. 

L'indice CAC Mid & Small a joué les montagnes russes et a touché un point  bas proche de 8.000 points la semaine passée avant de rebondir. Rebond qui a surtout concerné les grandes valeurs moyennes plutôt (Mid60) plutôt que les petites (Small 90). L'indice CMS recule de 1,4% depuis le 1er janvier contre -4,7% pour le CAC 40.

La période est certes compliquée mais la bonne nouvelle -s'il y en a une- est qu'il n'y a plus de risque de bulle sur les small & midcaps et qu'en revanche, les opportunités sont réelles pour qui saura les saisir. On peut penser qu'un certain nombre de valeurs ont été survendues au regard de leurs fondamentaux notamment des titres comme des équipementiers automobiles qui ont subi des prises de bénéfices logiques après le très bon parcours depuis le 1er janvier. On pourra citer un cas spécifique MGI Coutier (PER de 8 pour 2014e selon nos estimations) qui en plus de subir le derating du secteur a dû faire face à un problème spécifique : la sortie du fonds espagnol qui du fait du départ de son gérant star (qui avait accumulé 5% du capital de l'équipementier) s'est trouvé confronté à des sorties d'encours massives (certaine sources évoquent 50% sur les 11Md€ que le fonds gérait avant cette annonce). D'autres valeurs moyennes de grande qualité comme le transporteur sous température contrôlée Stef ou encore le groupe volailler LDC ont subi d'importants dégagements pour les mêmes.  Des d'occasions à saisir car les soldes ne dureront pas.

D'autant que dans le contexte actuel, la seule chose à faire est de se recentrer sur les sociétés présentant une structure bilantielle solide, un modèle économique éprouvé et un actionnariat stable : des caractéristiques que beaucoup de Small & Midcaps affichent et qui peuvent dans un marché devenu très volatil constituer une forme de protection compte tenu de la moindre liquidité de ces titres. C'est ce que nous avions constaté en 2008 où après le sell off des premiers mois les valeurs moyennes s'étaient stabilisées à un niveau bas certes et c'est à ce moment précis que les actionnaires majoritaires ont commencé à racheter leurs titres. Mais nous sommes aujourd'hui loin de cette situation et si octobre a très mal commencé, l'année boursière pourrait mieux se terminer.

Sébastien Faijean

Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l'initiative de Valquant, la société d'analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l'analyse indépendante.

 

 

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  • fquiroga le vendredi 24 oct 2014 à 11:33

    Il vend sa salade....

  • M6437502 le vendredi 24 oct 2014 à 11:17

    Il dit le contraire de Carmignac.Il faut se faire sa propre opinion....