Un ministre israélien parle d'évacuer de colons en cas d'accord

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UNE ÉVACUATION DE COLONS ÉVOQUÉE EN CAS D'ACCORD AVEC LES PALESTINIENS
UNE ÉVACUATION DE COLONS ÉVOQUÉE EN CAS D'ACCORD AVEC LES PALESTINIENS

par Maayan Lubell

JERUSALEM (Reuters) - Le ministre des Finances Yaïr Lapid, chef du courant centriste dans le gouvernement israélien, a déclaré lundi que des dizaines de milliers de colons devraient être évacués des territoires occupés en cas d'accord global avec les Palestiniens.

Se faisant l'écho de la position du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yaïr Lapid, dont le parti Yesh Atid a créé la surprise en terminant deuxième des élections législatives de janvier, a toutefois souligné qu'Israël entendait conserver les grandes colonies de peuplement construites en Cisjordanie.

"Cela est un crève-coeur. Nous devrons obliger des dizaines de milliers de gens à abandonner non seulement leur maison, mais aussi leurs rêves", a-t-il déclaré lors d'un séminaire économique à Tel Aviv.

Yaïr Lapid n'a pas précisé les colonies qui seraient concernées par une telle évacuation mais, a-t-il dit "les grands ensembles de colonies resteront en Israël."

Plus de 80% des 340.000 colons israéliens présents en Cisjordanie vivent dans ces grands ensembles, situés près de Jérusalem et dans le centre d'Israël.

Le dirigeant centriste avait fait de la réouverture des négociations avec les Palestiniens un préalable à l'entrée de son parti dans la coalition gouvernementale formée en mars.

La semaine dernière, la radio militaire israélienne a indiqué que Benjamin Netanyahu avait demandé au ministre du Logement, Uri Ariel, membre du Foyer juif, parti nationaliste religieux proche des colons, de geler les appels d'offre des nouveaux projets de construction en Cisjordanie. Cette démarche a eu pour effet de retarder la construction de centaines d'habitations.

"COMPROMIS SIGNIFICATIF"

Les Palestiniens, qui demandent l'arrêt de la colonisation comme préalable à un retour à la table des négociations, souhaitent établir un Etat en Cisjordanie et dans la bande de Gaza qui aurait pour capitale Jérusalem-Est.

Benjamin Netanyahu s'est déclaré favorable à un "compromis significatif" avec les Palestiniens, soulignant qu'Israël a déjà dans le passé évacué des territoires occupés, comme à Gaza et au sud-Liban.

Mais il a exclu un retour aux frontières d'avant la guerre de 1967, au cours de laquelle Israël avait annexé la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-est.

Lors de rencontres début mai à Washington, les pays arabes ont donné l'impression d'infléchir le plan de paix élaboré en 2002 en reconnaissant qu'Israéliens et Palestiniens pourraient devoir procéder à un échange de territoires, alors qu'ils réclamaient auparavant un strict retour aux frontières de 1967.

Les Etats-Unis et l'Autorité palestinienne en Cisjordanie ont salué cette évolution, qui a cependant été dénoncée par le mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza.

Pascal Liétout pour le service français

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